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Nous apprenons par la presse l’arrestation à Nantes d’un homme de 27 ans suspecté d’être l’auteur d’un graffiti sur le logement du nantis François De Rugy, revendiqué par le Parti Communiste Maoïste. Il y aura donc eu plus de réactivité pour un malheureux tag sur la façade d’une habitation que pour rechercher le corps de Steve Caniço après la charge policière du 22 juin à Nantes, ou pour avoir une réponse au sujet de la mort d’Aboubakar Fofana, tué il y a maintenant plus d’un an dans le quartier du Breil : le CRS cité dans l’affaire n’ayant toujours pas été entendu.

La police et la justice démontrent ainsi où sont leurs véritables préoccupations. C’est-à-dire protéger les puissants, les riches qui dégradent nos conditions de vie tout en se baignant dans une opulence indécente.

Cette arrestation, qui intervient dans un contexte local marqué par les violences des forces de l’ordre dont les accointances avec l’extrême-droite ne sont plus à démontrer, contribue à noircir encore l’image d’une justice et d’une police à deux vitesses, qui depuis quelques années ont fait de cette partie de la Bretagne une zone expérimentale de répression insupportable contre la jeunesse, les révolté·e·s de toutes sortes, les militant·e·s et tous ceux et celles qui luttent pour un monde plus juste.

Nous exigeons donc la remise en liberté et l’abandon des poursuites contre ce jeune militant communiste qui à toute notre solidarité.

La Gauche Indépendantiste (Breizhistance)

Dispac’h (Collectif indépendantiste)

Collectif LGBTI révolutionnaire breton

Union des étudiant·e·s breton·ne·s / Unvaniezh Studierien Breizh

 

 

Les adhérents de la Gauche Indépendantiste du pays de Guingamp  sont écœurés par le discours la chambre régionale des comptes qui a froidement recommandé de fermer la maternité de Guingamp en mettant en avant la logique comptable et rentabiliste.

Ce discours légitimant la destruction des services publics de santé porté par des magistrats nommés par le pouvoir parisien en dit long sur leurs fonction sociale : être au service de la start-up nation parisienne et macroniste pour ruiner la Bretagne et singulièrement les territoires en difficultés et légitimer les politiques d’austérité . Ils ne sont certainement pas au service du bien commun.

Les salarié-e-s de l’hôpital, de la maternité sont eux au service de la population locale et exercent leur mission dans des conditions difficiles comme en témoignent les récents débrayages aux urgences pour des conditions  de travail dignes.

C’est à eux que nous voulons faire savoir que nous sommes disponibles pour un nouveau cycle revendicatif pour défendre notre maternité face aux attaques annoncées et légitimées par le discours de haine de classe des magistrats rennais de la chambre régionale des comptes qui ne vivent surement pas dans un territoire en difficulté en termes d’accès au service public de santé.

Pour conclure nous sommes entièrement d’accord avec Philippe LEGOFF, maire de Guingamp qui déclare dans la presse ( le Télégramme du 05 juillet )  que les choix stratégiques doivent appartenir aux gens du territoire.

 Il est temps en effet que les bretons aient  la possibilité de décider en toute souveraineté des moyens humain et financiers à consacrer à notre service public de santé. 

Il est temps de renvoyer chez eux à Paris les parasites de la Chambre Régionale des Comptes qui plombent nos finances publiques et contribuent par leurs discours à la destruction de nos territoires.

 

Pour la Gauche Indépendantiste du pays de Guingamp : Gael Roblin 

Après Nantes la semaine dernière, c’est au tour de Rennes ce samedi huit juin de revêtir ses plus beaux habits arc-en-ciel pour célébrer le Pride month. Evénement LGBTI incontournable, les défilés de la Pride sont pour nombre de personnes une occasion festive, une occasion de réjouissances et de visibilités. Cependant, à l’heure où nos droits sont loin d’être acquis, à l’heure où d’autres sont menacés, à l’heure où les personnes LGBTI et notamment les plus précaires (trans, racisé•es, intersexes…) subissent toujours plus de discriminations et d’agressions, il nous apparaît comme essentiel de rappeler un fait historique : la première Pride était une émeute. Il y a tout juste cinquante ans, à Stonewall, éclatait une émeute queer menée par des personnes racisées, trans, et travailleuses du sexe … Il y’a cinquante ans, si la première Pride dansait, c’était au son des briques lancées sur la Police new-yorkaise. Parce que nous en avions assez de voir les luttes LGBTI trop absentes dans la gauche indépendantiste bretonne, comme nous en avions assez de voir les luttes bretonnes dénigrées dans les mouvements militants queers, il y’a un an nous avons fondé le Strollad LGBTI-breizhek dispac’hel (Collectif LGBTI-breton révolutionnaire). Viscéralement queer, féministe, antifasciste, antiraciste, anticapitaliste et indépendantiste, ce collectif a pour but (entre autre) de lier la gauche indépendantiste bretonne et les luttes LGBTI face à son ennemi commun : l’Etat Français et ses milices.

Parce que nous n’envisageons pas la libération bretonne sans la libération de toutes les minorités, nous voyons nombre de convergences entre les luttes de Bretagne et les luttes queer, ne serait-ce qu’a commencer par le droit de décider : la Bretagne doit pouvoir décider pour elle, comme les LGBTI doivent pouvoir décider, sans les entraves racistes, patriarcales, colonialistes et capitalistes imposées par la France. Pour beaucoup, notamment côté français, nos luttes seraient incompatibles. Incompatibles car l’indépendantisme serait symptomatique d’un souhait de retour en arrière, quand la libération queer est par définition progressiste et ne peut donc exister que dans un universalisme français. Peut-être conviendrait-il de rappeler que l’indépendantisme en Bretagne, ce n’est pas forcement restaurer la monarchie, fermer les frontières et jouer du biniou, ou encore que l’universalisme est un impérialisme. Pour d’autres, plutôt du côté breton, les luttes queer seraient secondaires. Pourtant, comment peut-on envisager la libération d’une minorité sans envisager celle de toutes les autres ? Comment envisager une Bretagne libre, qui répéterait les mêmes schémas français que nous rejetons ensemble aujourd’hui ? Dans son hommage à Yann-Fañch Kemener il y’a quelques semaines, Bèrtran Ôbrée le disait très bien : combien de jeunes LGBTI en Bretagne ont fini par rompre avec leur culture, avec leur langue, en partant s’installer dans de grandes villes que ce soit en Bretagne ou en France, pour vivre plus librement ? Ce n’est pas ce que nous voulons, et c’est d’ailleurs un des héritages que nous laisse Yann-Fañch, « les langues et cultures de nos aïeux nous appartiennent à nous aussi, nous pouvons contribuer à leur vitalité. Nous aussi, nous pouvons nous y exprimer ». Nous sommes trans, nous sommes PD, nous sommes gouines, nous sommes breton•nes… Nos identités sont multiples et nous refusons de devoir en laisser ne serait-ce qu’une de côté.

En cette année où se célèbrent tant les cinquante ans des émeutes de Stonewall que la mort d’un monument LGBTI de la culture bretonne, nous appelons à former un cortège de tête militant, à la Pride de Rennes, ainsi qu’un défilé nocturne le soir venu. Plus que jamais, soyons fier•es et libres, faisons entendre nos voix, dans toutes nos langues et nos diversités. Nous vous laissons ci-dessous notre appel. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nos suivre sur Twitter () où vous trouverez notamment un autre appel, rédigé cette fois avec d’autres collectifs et individu•es de Rennes pour ces projets de cortège de tête et de Pride de nuit.

L’appel en breton, français et gallo :


La Bretagne est la grande absente des pauvres et poussifs débats de la campagne électorale des élections européennes 2019. Sa disparition dans la circonscription unique, après avoir été noyée dans une circo “Grand Ouest” lors des scrutins précédents, n’aide évidemment pas à en faire un objet de débat politique.

Tous les débats sur son évolution institutionnelle sont sous le tapis. Pourtant en 2018 le droit de décider avait fait irruption dans le débat politique breton grâce à de nombreuses initiatives politiques et citoyennes. Parmi elle la pétition des 100.000 de Bretagne Réunie, qui demandait au président du département de Loire-Atlantique de permettre aux citoyens de ce département de pouvoir se prononcer sur le retour du pays nantais dans la région Bretagne. Mais aussi les mobilisations de la mouvance de la Coordination Démocratique de Bretagne de Nantes en septembre et Rennes en décembre dernier, rassemblant des milliers de personnes pour “réaffirmer sa volonté de continuer à lutter pour l’unité territoriale de la Bretagne et le droit du peuple breton à décider de son avenir“.

Cela avait permis de commencer à ancrer dans le débat politique local le droit à décider, en affirmant notre souhait de pouvoir décider via un référendum de l’avenir de toute la Bretagne de Brest à Clisson, de son périmètre et de ses compétences. Un manifestant de la Gauche Indépendantiste le constatait : “Pour de très nombreux bretons et bretonnes, la revendication pour la réunification est connue et vivante… Maintenant c’est la revendication pour le référendum qui commence à s’installer et à être de plus en plus connue.”

Ainsi on avait pu commencer à entendre des représentants des partis institutionnels parler de consultation en Bretagne, ou seulement en Loire-atlantique, la presse évoquer à de nombreuses reprises la revendication de l’exercice du droit à l’autodétermination.

Faute d’avoir su mettre en place un agenda politique qui nous soit propre et spécifique en tant que peuple breton, c’est à dire non réglé sur la calendrier électoral ou les réformes imaginées à Paris, la mobilisation semblait marquer le pas.

Pour relancer le débat, l’association DIBAB — connue pour avoir organisé des votations interrogeant sur l’unité de la Bretagne et la mise en place d’une assemblée territoriale bretonne dotée de compétences large — a décidé de construire une campagne autour d’un sondage.

DIBAB s’est associée au Breizh Civic Lab et aux médias comme le Journal de la Bretagne et Radio Naoned pour commenter et publier le sondage.

Le but est de confier le travail de sondage a des professionnels (TMO Régions) pour chiffrer le désir de Bretagne des Breton·ne·s d’un point de vue politique et non sentimental.

Une quinzaine de questions seront posées à un échantillon représentatif de Bretons de toute la Bretagne historique pour rendre visible et restituer courant juin le degré de souveraineté que souhaitent les Bretons et les Bretonnes pour leur pays et le périmètre sur lequel elle devrait s’exercer.

L’intuition des initiateurs de la campagne est que le pourcentage de Bretonnes et de Bretons trouvant normal d’être consultés sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne est élevé, tout comme progresse l’idée d’un pouvoir politique breton. Si cela ce confirme, il ne restera plus qu’à travailler à la mise en place d’une campagne unitaire pour ancrer dans notre calendrier local cette revendication. À un an des municipales et des régionales cela peut avoir une influence salutaire pour enfin obliger tout le monde à se positionner à ce que nous considérons comme la base de notre combat indépendantiste : le respect du droit du peuple breton à librement se déterminer en tant que communauté politique distincte et spécifique.

La campagne est participative, car près de 150 personnes ont déjà donné pour financer via un crowdfunding le sondage, très unitaire mais aussi clairement à contre-courant des discours passéistes, surannés et romantiques du mouvement breton justifiant tout par un passé mythifié, une démarche identitaire fantasque qui braquent tout ceux et celles qui sont à la recherche d’un projet national breton novateur, moderne, civique, citoyen synonyme de progrès social, environnemental et démocratique.

C’est une campagne moderne, popularisée par les réseaux sociaux : près de 70 % de la somme recherchée (sur les 10.000 € manquants) est déjà collectée !

Il y a quelques semaines, 3000 personnes manifestaient à Cardiff pour l’indépendance du Pays de Galles. Cette initiative a fait grand bruit et focalise les débats sur cette revendication et perspective que seulement 12 % des gallois soutiennent si l’on en croit le sondage mentionné ici par le Guardian.

  • Vous n’avez pas envie de savoir combien de Bretonnes et de Bretons pensent comme vous que nous devrions avoir notre mot à dire sur l’avenir de notre pays ?
  • Vous ne voyez pas le bénéfice politique que nous pouvons tirer d’une démarche transpartisane et participative qui ne se préoccupe pas de Paris ?
  • Vous ne voulez pas que la Bretagne deviennent un sujet de débat politique et non romantique ?

Si ?

Sortez votre carte bleue et laissez vous guider ! Pour commencer…

https://www.kengo.bzh/projet/1827/soutenez-un-sondage-exclusif-en-bretagne

Des militant·e·s indépendantistes de gauche investis dans la campagne.

 

Jeudi 4 avril a eu lieu l’assemblée générale constitutive de l’Union des Etudiant.e.s Breton.ne.s sur le campus de Villejean à Rennes. Les grandes lignes de notre organisation étudiante ont été votés, ainsi qu’un conseil national et un bureau.

L’UEB avait été lancé quelques mois plus tôt lors des élections des représentant.e.s étudiant.e.s du CROUS ou nous avions réalisé 3.5% des suffrages, plus qu’un score modeste, ces élections nous ont permis de lancer un nouveau cycle et de rassembler largement des étudiant.e.s souhaitant inscrire dans l’agenda de la jeunesse étudiante la question nationale et la question sociale. C’est dans ce cadre que nous appelons l’ensemble des étudiant.e.s et des apprenti.e.s qui partagent nos idées et souhaitent construire avec une alternative de gauche, pour l’autodétermination du peuple breton, pour l’écologie, le féminisme, pour la langue bretonne et contre toutes formes de discrimination à prendre contact avec nous à unvaniezhstudierienbreizh(at)gmail.com ou sur nos réseaux (facebook, twitter, instagram) à @StudierienBZH.

Nous invitons également les étudiant.e.s rennais.es et briochin.e.s de l’université de Rennes 2 à voter pour notre liste d’union « Armée de Dumbledore le vote pour Rennes 2 » le 9-10 avril pour nous permettre de porter nos revendications dans les conseils centraux de l’université.

L’avenir de notre pays est entre les mains de la jeunesse !

Nous publions ci dessous le communiqué du comité Guingampais de la Gauche Indépendantiste sur le dernier épisode de pollution atmosphérique qui a été largement repris par la presse locale.
Bretagne Info
 
 
Le département des Côtes d’Armor est fortement touché par la pollution aux particules fines.
Le comité Guingampais de la  Gauche Indépendantiste (Breizhistance) souhaite ardemment que les transports publics régionaux (TER et autocars) soient gratuits toute la durée de l’épisode de pollution et qu’ils en soit de même sur toutes les lignes de transports en commun départementales.
Ce type de mesures incitatives existent dans les métropoles comme Rennes en cas d’épisodes polluant comme celui que nous subissons, elles sont transposables partout en Bretagne.
Ce serait une mesure de santé publique simple, efficace et juste socialement à la hauteur de l’enjeu environnemental que met en exergue l’alerte de pollution actuelle. Nos élus régionaux, départementaux, locaux ont-ils un avis sur la question ?

Evel Kendal Breizh warlene eo marvet ur stourmer etrebroadelour YPG Italian d’an 18 a via Meurzh e-kichen Baghouz, tost da zDeir Ezzor el lodenn deus ar c’hurdistan a zo e Siria. Lazhet eo bet gant izili DAESH. 33 bloaz e oa hag er Rojava evit skoazell an dispac’h ha stourm ar gurded abaoe 18 miz, perzh e oa eus ur strollad anarkour Tekoşîna Anarşîst. Stourm a rae er batailhon etrebroadel gant stourmerien ha stourmerezed TIKKO (Arme Dieubidigezh  ar Beizanted hag ar Vicherourien) dindan atebegezh hag urzhioù ar YPG/YPJ.

Setu troidigezh vrezhonek e lizher kimiadiñ  :

Demat,

Ma vez lennet ar gemennadenn-se ganeoc’h e talvez n’on ket deus ar bed-mañ ken. Mat, arabat eo deoc’h bezañ re drist, mat eo din evel-se, n’em eus ket kerse, marvet on en ur ober ar pezh a soñje din bezañ ar reizhañ en ur zifenn ar re wannañ hag en ur chom feal d’am mennozhioù  justis, ingalded ha frankiz.   Daoust, neuze, bezañ aet diwar wel re abred ez eo bet un trec’h ma buhez. N’em bije ket gellet gedal gwelloc’h  ha me zo kazi sur bezañ aet kuit gant ur mousc’hoarzh ouzh ma muzelloù. Hetiñ a ran ar pep gwellañ deoc’h, emichañs e tibabfet c’hwi ivez un deiz bennak (ma n’eo ket bet graet c’hoazh) da reiñ ho puhez evit ho nesañ, kar n’eus nemet evel-se e lakaer ar bed da cheñch. 

N’eus nemet en ur drec’hiñ an hiniennelouriezh hag en em garantez ennomp e c’hellfomp ober an diforc’h. Diaes eo an amzerioù, gouzout a ran, met na asantit biken ar gouzañvidigezh, na gollit biken ar spi, biken !

Pa seblant kollet pep tra ha pa soñj deoc’h ne vo ket tu tremen dreist ar poanioù anduret gant an den hag an douar, klaskit an nerzh ennoc’h ha treuzkasit anezhañ d’ho kamaraded. Er mareoù teñvalañ eo e vo talvoudus ho sklerijenn just a-awalc’h. Ha dalc’hit soñj « Pep tourmant a grog gant un dakenn ». Klaskit bezañ an dakenn-se.

Ho karout a ran holl, emichañs e vo talvoudus deoc’h ma c’homzoù. 

Betek an trec’h ! 

Orso Tekoser Lorenzo 

 

Ce dimanche 3 mars, prés de 130 personnes ont participé à la journée de solidarité avec le Kurdistan en hommage à Kendal Breizh volontaire breton des YPG Kurdes mort au combat à Afrin (Kurdistan de Syrie) face à l’armée turque et à ses alliés de DAESH. D’autres hommages avaient eu lieu à l’initiative du Secours Rouge à Bruxelles et de la communauté Kurde de Paris le mois dernier.

Des vidéos de volontaires internationalistes italienne et étasunien présents à Afrin ont été diffusés et suscités débats et questions du public sur le projet démocratique du Rojava, auxquels les intervenants des Amitiés Kurdes de Bretagne et Raphael Lebrujah (auteur de “Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne“, Éditions du Croquant, octobre 2018, 208 p., 15 €) ont pu répondre.

Ils ont ainsi animé un véritable cours d’éducation populaire sur la situation au Rojava mais aussi dans la partie du Kurdistan occupée par la Turquie. Bien sûr la grève de la faim de plus de 230 prisonniers politiques Kurdes et Turcs pour l’amélioration des conditions de détention d’Ocalan a été largement abordée.

Comme le rappelle le Secours Rouge ce même jour :

La grève de la faim menée dans et hors des prisons de Turquie pour obtenir la fin de l’isolement d’Abdullah Ocalan et des prisonniers politiques se poursuit. Les autorité turques répriment cette grève et tout mouvement de solidarité : six membres du HDP ( parti de gauche pro Kurde Turquie ) avaient annoncé commencer la grève de la faim à Amed (Dyarbakir), ils ont été aussitôt arrêtés.

Leyla Güven, députée de ce parti ayant initié ce mouvement de grève jusqu’à la mort, a dépassé les 120 jours sans alimentation et continue malgré sa remise en liberté.

La communauté Kurde de Lorient et Nantes était largement représentée et c’est dans une atmosphère chaleureuse et déterminée, et malgré la pluie et le vent, que plus de 130 personnes ont arpenté les rues de Karaez. C’est aux cris de “Erdogan Assassin, Le Drian complice” qu’ils et elles se sont rendus jusqu’à la désormais célèbre fresque dans le quartier de le gare qui rappelle l’engagement du breton Olivier Le Clainche aux cotés des YPG/YPJ.

Les nombreux amis, militants anarchistes et indépendantistes présents ont évoqués avec ceux et celles qui en 2018 avaient tant battu le pavé des rues de Bretagne pour le Kurdistan, la suite de la campagne de solidarité avec la résistance kurde que nous devons poursuivre.

Des dons ont été recueillis pour acheter du matériel hémostatique pour les combattants et combattantes YPJ et internationalistes.

Après qu’un sonneur ait fait retentir le “Kan Bale an ARB” le chant de marche de l’Armée Révolutionnaire Bretonne, certains amis et camardes d’Olier ont lu en gallo, français et breton le texte suivant. Il délimite politiquement le sens de notre présence aux cotés de la résistance Kurde.

Le voici :

Si nous sommes réunis sous le portait de Olier Kendal Breizh ce n’est pas pour pleurer mais pour honorer sa mémoire et celle de tous celles et ceux qui sont tombés au Kurdistan, au Rojava, pour un monde meilleur. Un monde basé sur le droit des peuples à prendre en main leur destin, à parler leur langue, à faire respecter leur identité, à construire un autre modèle de société basé sur des rapports femmes/hommes radicalement différents, sur d’autres notions que la rentabilité.

Un an après la bataille d’Afrin que l’armée Turque, membre de l’OTAN, et ses supplétifs de DAESH ont envahis grâce au silence complice de l’Europe et de la France, la résistance des Kurdes et de leurs alliés continue.

Le Rojava est une aubaine et un projet plein d’espoirs dans une période où les mouvements fascistes se renforcent alors que la gauche révolutionnaire européenne est marginalisée. Le mouvement de libération Kurde a libéré un espace au milieu de l’horreur de la guerre syrienne où un bouleversement radical s’est créé. Des structures démocratiques multiethniques ont été mises en place et les condition patriarcales ont été renversées.

Maintenant la Turquie liée à la France par de nombreux accords commerciaux et militaires envisage ouvertement de conquérir les autres cantons du Rojava. 

Nous vivons dans le centre de l’impérialisme, nous avons le devoir d’agir car le mouvement de libération nationale Kurde agit dans des conditions liés aux conditions globales d’exploitations. Les états européens tirent profit de cette guerre et soutiennent économiquement et politiquement le régime turc. 

Il faut comprendre que la libération est un projet aussi global, nous ne devons pas attendre qu’un projet révolutionnaire parfait tombe du ciel. C’est cette leçon que nous devons apprendre ici en Bretagne, nous devons intervenir dans les luttes actuelles en mettant en avant le droit à l’autodétermination des nations sans état, la lutte anticapitaliste radicale, le féminisme, la diversité linguistique, la défense de l’environnement, la solidarité internationaliste. Cette approche permet de faire tomber les barrières entre tous les mouvements en Europe et permettra de développer des perspectives communes.

Les martyrs sont immortels dit la fresque. Les idéaux d’Olier sont immortels. Aujourd’hui il se serait mobilisé volontiers contre la répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux, les armes mutilantes de la police, le projet de central à Gaz à Landivisiau, les projets miniers en Bretagne et ailleurs, pour les prisonniers politiques catalans coupables d’avoir organisé un référendum pour l’indépendance, les conséquences de la loi travail et des politiques d’austérité, la montée de la xénophobie, la place de la langue bretonne dans la vie publique, le refus de voir assimiler critique de l’état d’Israël en Palestine occupée et antisémitisme… Mais sans doute aurait-il trouvé le temps de nous signaler que Leyla Güven, députée Kurde au parlement de Turquie, est en grève de la faim depuis 120 jours. Depuis le début de sa grève de la faim pour la libération d’Ocalan, plus de 230 prisonniers politiques en Turquie ont également entamé une grève de la faim ainsi que des militants et représentants politique kurdes en Europe. Un grand nombre de grévistes de la faim sont dans un état critique dont certains restent maintenus en isolement en prison.

Continuons ces luttes ici jusqu’à la victoire ! 

Continuons la solidarité avec le peuple Kurde ! 

Liberté pour Ocalan ! Victoire pour les grévistes de la faim en Turquie !

Biji YPG/YPJ ! Biji PKK !

Biji Kurdistan ! Biji Berxewena Rojava !

Bevet Breizh dieub ha sokialour ! 

Salut à tous les combattants internationalistes au Kurdistan ! Salut à tous les travailleurs de Turquie en lutte contre Erdogan ! 

Une version plus courte a été lue en gallo, langue à laquelle Olier tenait :

Si je sons d’ensemble ané, n’est point pour braire mais pour aloser Olvier et tous les siens-là qhi sont cheï au Kurdistan, au Rojava, pour parlever le dret des peuples à crocher dans lour avenir, à caoser dans lour parlement, à mettre su bout une société plus juste ent’ les coéffes et l’s hommes.

On ne oué pu hardi parler mention de l’armée des turcs qhi s’est égaillée dans le haou de la Syrie dépé un an, mè les kurdes erchignent cor.

Est un biao projet d’même, au Rojava, que je devons parlever quand j’veyons les fascistes par cé nous être au pu haou. Est bien d’avaï des exemples de doumé d’entraïde, en plein mitan de la ghère en Syrie.

Astoure il faut avaï pou que la Turqhie mène cor pu leïn son armée et que la France et les aotes païs clovent des yeux et les prennent par biao vu qhi sont leiés entr’ieux pour des istouères d’marchands.

Astoure i faut sieudre le chemin tracé par les kurdes, les aïder, lutter contre les hardi- pernants et léier les luttes entre ielles.

Olvier je pensons dans taï ané car si t’étais cor là t’aurais vantié croché dans les hucheries d’astoure.

A la rvérie Olvier.

Ur c’hant bennak a dud a deuet da gKaraez d’ar sul 3 a viz Meurzh da enoriñ Olier Le Clainche (Kendal Breizh) lazhet gant arme Turkia er Rojava bloaz zo.

Goude un abardevezh kentelius gant testennioù, videoioù, standoù, prezegennoù,  un tropellad stank mat gant Bretoned dorn-ha-dorn gant Kurded a oa aet war droad betek al livadenn bet Kinklet en devezhioù diwezhañ da enoriñ Kendal Breizh.

Ul livadenn brav eston ouzh moger un ti e kêrbenn ar Poc’her hag en deus lakaet kalz kazetennerien da zuañ paper.

Goude bezañ sonet Kan Bale An ARB ez eus bet lennet un destenn skrivet gant kamaraded ha mignoned dezhañ. Sed aze an destenn vrezhonek a oa bet lennet ivez e galleg hag e gallo :

N’omp ket bodet amañ dindan poltred Olier Kendal Breizh da ouelañ met da enoriñ e goun koulz hag hini an holl a zo marvet e Kurdistañ an hini eo, er Rojava, evit ur bed reizhoc’h. Ur bed diazezet war ar gwir evit ar pobloù da zibab o flanedenn, da gaozeal o yezh, da zoujañ deus o identelezh, da sevel ur batrom kevredigezh disheñvel ma vije kevatal ar gwirioù evit ar baotred hag ar merc’hed enni, diazezet war traoù all hag ar gounidoù.

Bloaz goude emgann Afrin , ur gêr a zo bet aloubet gant lu Turkia hag a zo ezel deus an OTAN, hag he mignoned eus DAESH, gant sikour divrud Europa ha Bro C’hall, Hag an aotroù an Drian en o zouezh, e kendalc’h ar gurded hag o c’henseurted da herzel outi.

Ur chañs bras eo ar Rojava koulz hag ur raktres poltikel leun a spi ennañ pa vez e-pep-lec’h strolladoù faskour o kreñvaat ha tu kleiz dispac’hel europa o wanaat. Sklaerijenn a gas ar stourm en em zieubiñ eus Kurdistañ e kreiz teñvalijenn ar brezel e Siria. Frammoù demokratel ha lies-etnek  a zo bet lakaet e pleustr ha kaset da get ar boazioù tadelour.

Ha bremañ, Turkia, liammet ouzh Bro C’hall anezhi dre meur a gevradoù armoù ha kenwerzh, a zo e soñj ezforan trec’hiñ hag aloubiñ an holl gañtonioù all er Rojava.

E kreizig-kreiz an impalaerouriezh e vevomp-ni ha  setu perak e rankomp-ni ober un dra bennak kar an emsav a zieubidigezh kurd a stourm e barzh hag a-enep ur sistem mac’homañ kalz ledanoc’h. Gounidoù a ra ar stadou europat diwar ar brezel-se ha souten a reont ezpolitikel koulz hag ezekonomikel ar stad Turkat

Ur raktres en e bezh eo an dieubidigezh, deomp da intent an dra-se, ha n’eo ket ur rekipe klok a deufe eus un gourden pe ur salver bennak ha da lakaat e pleustr evel ma vije. Ar gentel-mañ eo an hini a ranker kompren ha derc’hel soñj amañ e Breizh. Ret eo deomp stagañ gant ar stourmoù a-vremañ en ur lakaat war wel ar gwir d’en em dermeniñ evit ar broadoù hep stad kenkoulz hag ar stourm a-enep d’ar gapitalouriezh dichipod, ar gwregelouriezh, al liested yezhel, ar stourm evit an endro hag ar c’hengred etrebroadelour. Hag e-giz-se e c’hallimp terriñ ar mogerioù ha tremen ar pont davet an holl emsavadegoù dispac’hel en Europa a-benn mennout un dazont a-stroll.

Ne c’hall ket mervel ar verzherien eme al livadenn, evel uhelvennadoù Olier, nannvarvus e vezont. 

Hirie e vije Olier en em savet en hon c’hichen a-enep feulster ar polis a-dra-sur, gwaskerezh ar justis, a-enep an armoù gloazus implijet gant lakezien ar stad, ar raktres kreizenn gaz e Landivisio, ar raktresoù minoù e-pep-lec’h e Breizh, evit ar brizonidi bolitikel gatalan kablus da vezañ aozet gante ur referendum evit ma vefe dieub o bro, a-enep d’al lezennoù enepsokial eus ar gouarnamant,a-enep  kresk ar ouennelouriezh, plas ar brezhoneg er vuhez foran. Sur eo ivez e vije bet ganeomp evit nac’hañ meskañ an enepsionouriezh hag an enepyuzheviezh a servij d’ar stad faskour Israel da aloubiñ ha gwaskañ Palestina. Ha sur eo en dije kavet an tu da gontañ deomp hag emañ Leyla Güven oc’h ober un harz-debriñ abaoe 111 deiz, kannadez kurd anezhi e parlamant Turkia, kroget he deus e-barzh he harz-debriñ evit azgoulenn dieubidigezh Abdullah Ocalan, hag heuliet eo bet gant ouzhpenn 230 prizoniad e Turkia, ambrouget gant stourmerien ha politikourien gurd en Europa. Kalz dioute a zo en ur stad fall-tre ha dalc’het bac’het o-unan-penn memestra.

Kendalc’homp ar stourmoù se betek an trec’h !

Kendalc’homp ar c’hengred gant ar gurdiz !

Frankiz evit Ocalan !

Ra vo trec’h an harzherien debriñ !

Biji YPG /YPJ, Biji Kurdistañ, Biji Berxwedena Rojava !

Bevet Breizh Dieub ha Sokialour !

Salud d’an holl gadourien etrebroadelour ha d’an holl labourerien e Turkia a stourm a-enep da Erdogan.

Dastumet ez eus bet arc’hant da brenañ dafar mezegel, da lâret eo prenañ ha kas dezho bandennoù ha lienennoù hemostatek.

Bloaz goude neuze e chom bev mat ar c’hengred gant ar Rojava e Breizh. Moarvat n’eo ket an emgav diwezhañ kinniget gant ar re o deus c’hoant kenderc’hel gant hent stourm Kendal Breizh.

 

Le bimensuel Suisse “SolidaritéS” qui se définit comme socialiste, féministe, écologiste a interviewé Anna Gabriel Sabaté militante féministe et indépendantiste catalane exilée en Confédération Helvétique en raison du risque de poursuite par l’Espagne pour l’organisation du référendum d’indépendance en Catalogne. En ce moment de nombreux dirigeants indépendantistes catalans sont jugés et risquent de lourdes peines à Madrid pour ce faits. Nous reproduisons ici cet interview d’actualité.

Bretagne Info.

Anna Gabriel à Nantes en Bretagne il y a quelques années.

Notre rédaction s’est entretenue avec Anna Gabriel, ancienne députée de la Candidature d’unité populaire (CUP) au Parlement de Catalogne, au sujet des procès qui se sont ouverts contre les représentant·e·s institutionnel·le·s du gouvernement Catalan pour sédition.

Dix représentant·e·s du gouvernement Catalan et deux porte-paroles des mouvements sociaux (Assemblée Nationale Catalane et Omnium Cultural), en prison depuis une année, sont appelé·e·s à comparaître depuis le 12 février. Pourquoi ce procès ?

Le Procureur général de l’État espagnol a déposé une plainte pénale à l’encontre du gouvernement et de l’ensemble du Bureau du Parlement de Catalogne. Ils·elles sont accus·é·s de rébellion et de sédition. Les deux Présidents de l’ANC et d’Omnium Cultural, associations qui comptent 160 000 membres, sont emprisonnés depuis le 16 octobre dernier au motif qu’ils auraient pu inviter la population à une mobilisation ; un appel jugé criminel par le Procureur de l’État espagnol.

Le parti d’extrême droite Vox, récemment élu au sein du Parlement andalou fait partie de l’accusation. Placé aux côtés des avocats de l’État, il demande 74 ans de prison pour les prisonniers·ères politiques. Vox, fort de son récent succès, a été invité cette semaine au Parlement européen par le parti « Loi et Justice » de Hongrie qui soutient littéralement que «l’immigration peut amener en Europe des pandémies» ou encore que la loi contre les violences de genre doit être abrogée.

Ce procès signifie la défaite de la société civile. Il est la conséquence de l’irresponsabilité de nombreux·euses dirigeant·e·s politiques de l’État espagnol, qui déclarent depuis des décennies que l’unité de l’Espagne ne peut pas être remise en cause. Donc, ce procès est un non-sens. C’est pourquoi certain·e·s défenseurs·euses, certain·e·s accusé·e·s, ont clairement déclaré vouloir accuser l’État de violations des droits fondamentaux perpétrées au nom de l’unité de l’Espagne.

Et maintenant, que faire ?

Il faut continuer à défendre la lutte pour les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques, car elle en vaut plus que jamais la peine. Continuer à nous battre, car pour l’instant aucun argument raisonnable n’a été avancé qui indique qu’un référendum n’est pas un bon moyen de connaître le véritable appui de la population à l’indépendance de la Catalogne ; une confrontation indispensable avec l’État espagnol que la CUP articule avec la nécessité de proposer des alternatives économiques au système actuel.

Dans le cadre de la monarchie parlementaire, de par la genèse-même de l’État espagnol – et cela nécessiterait une analyse approfondie – il y a peu d’options pour la création d’un système économique plus juste et générant moins d’inégalités. Les partis de gauche ont trop souvent relégué la question de l’indépendance à un addendum de leur lutte politique et sociale. Notre alliance avec eux passe par la reconnaissance de l’exigence de fonder la république, qui est le meilleur moyen de démocratiser l’État.

Certain·e·s pourraient penser qu’il faut oublier tout ce qui s’est passé et attendre de voir si, un jour prochain, les deux tiers du Congrès espagnol décident de modifier la Constitution espagnole de 1978, notamment l’article stipulant que l’unité de l’État espagnol est indissoluble. Notre réponse est simple : nous ne luttons pas pour établir un nouveau cadre territorial. Nous voulons contribuer à un monde plus juste, nous voulons mettre la vie au centre et nous désirons établir des normes juridiques et politiques qui répondent aux besoins de la majorité de la population et non des élites. Rien de tout cela n’est possible dans le cadre de l’État espagnol, malheureusement, car la tendance à l’autoritarisme est encore trop présente.

Ainsi, je ne sais pas si la République catalane sera féministe, mais je sais qu’il sera possible, au moins, d’avoir un processus permettant de définir des bases constitutionnelles dans une perspective de genre. C’est déjà beaucoup plus que ce que nous avons et c’est quelque chose que nous ne pouvons ni ne devons abandonner.

Propos recueillis par Juan Tortosa

Traduction : Delphine Rumpczyk