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Un peu moins de 80 personnes ont pris part à un rassemblement à Guingamp ce 13 juillet. Il s’agissait de se mobiliser contre la criminalisation des exilé·e·s et de leurs soutiens suite aux poursuites contre Pia Klemp et Carola Rackete capitaines de bateaux affrétés par l’association Sea Watch en méditerranée pour secourir les migrantEs.

Cette mobilisation s’inscrivait aussi dans un contexte local marqué par l’activité importante déployée par au moins trois collectifs locaux de soutien aux migrantEs, qui regroupent des familles hébergeant des réfugié-e-s. Le 15 juin dernier c’est par exemple 300 personnes qui s’étaient déplacées à Plouared pour une journée de solidarité et d’info avec les migrants et un Fest-Noz qui a connu une belle affluence. Les motivations des uns et des autres sont diverses mais comme l’explique l’un des collectifs de la zone Bourbriac/Belles-Isle/Plouaret :

” Pourquoi ce collectif ? Par ce que nous sommes un peuple qui de par son histoire sociale et politique a vécu l’émigration forcée et a du participer à l’aventure coloniale française, nous nous sentons concernés-es et complètement solidaires avec tous.tes les réfugiéEs d’autant plus qye leur détresse est toujours le fruit de choix politiques et économiques de nos dirigeants”.

Le 13 juillet dernier ce sont la Gauche Indépendantiste locale, l’UL CGT et Solidaires , le NPA , le PCF et des adhérents de LO  et de simples trégorois solidaires qui ont répondus à notre appel pour visibiliser une démarche antiraciste et faire vivre et résonner une voix solidaire, résolument internationaliste, une voix unitaire conte le racisme et la xénophobie ! Ce fut pour nous une façon concrète de décliner notre campagne ” Breizh Digor” en tant que militantEs de la Gauche Indépendantiste.

Une mobilisation faite en quelques jours et qui a permis de porter ce message à contre-courant du discours xénophobe ambiant dans une petite ville et affirmer notre soutien à Carola Rackete et Pia Klemp et à ceux et qui ici aussi se mobilisent pour les migrantEs.

Voici la prise de parole qui a été lue lors de ce rassemblement.

La nuit du samedi 29 juin, Carola Rackete a été arrêtée par la police italienne après avoir accosté avec son navire dans le port de Lampedusa. A son bord, 42 personnes secourues dans les eaux internationales au large de la Libye. Après 17 jours d’errance en Méditerranée, la capitaine du Sea Watch 3 a pris la décision d’entrer sans autorisation dans le port, bravant ainsi les interdits du gouvernement italien et le silence de l’Union Européenne. Elle l’a fait parce qu’il y a quelque chose au-dessus des lois immorales promulguées par le ministère de l’intérieur italien et de la lâcheté meurtrière de l’Union Européenne. Au-dessus, il y a l’humanité et le respect des droits fondamentaux. Carola Rackete a fait le choix de l’humanité. Elle et son équipage ont choisi de sauver 42 femmes et hommes exilé·e·s, condamné·e·s à se noyer au milieu de la méditerranée, ou à être torturé·e·s, violé·e·s, enfermé·e·s.

Avant elle la capitaine Pia Klemp a participé au sauvetage de réfugiés dans la méditerranée avec l’association Sea-Watch. Elle est elle aussi maintenant accusée par la justice italienne d’aide à l’immigration illégale. Le parquet exige une peine de prison de 20 ans. Pour ses investigations, le parquet a eu recourt à des écoutes téléphoniques et à des agents infiltrés. Dans le cadre de ses six missions en tant que capitaine des bateaux de sauvetage Sea-Watch 3 et Iuventa, Pia Klemp dit avoir pu sauver les vies de 5000 personnes.

En niant le droit de ces personnes d’être secourues, l’Italie se rend complice de l’enfer qu’est devenue la Lybie aujourd’hui pour les personnes exilées. En fermant les yeux et en se déresponsabilisant, en n’ouvrant pas ses ports la France se rend tout autant complice. En militarisant ses frontières et en déléguant l’accueil des personnes à des pays tiers, l’Union Européenne est responsable du délitement de leurs droits. En refusant d’intervenir, la Cour Européenne des Droits de l’Homme devient complice de cette atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre humanité. Exigeons que les personnes sauvées et que tou·te·s les exilé·e·s soient protégé·e·s et que leurs droits soient respectés. Exigeons que tous bateaux avec à leur bord des enfants, des femmes et des hommes en danger soient accueillis dans tous les ports de l’Union Européenne. Exigeons la libération immédiate et la levée des sanctions contre Carola Rackete, Pia Klemp et tout l’équipage du Sea Watch 3, symboles d’une humanité qui nous donne à toutes et tous, chaque jour, l’espoir et la détermination.

Plus localement face à cette situation inacceptable des femmes et des hommes s’organisent pour faire face aux carences de l’état français et de l’indifférence de l’UE pour assurer l’accueil des migrantEs qui ont traversés l’enfer et qui sont passé au travers des dispositifs légaux ultra répressifs européens. C’est eux et elles qui sont notre dignité que nous sommes venus également soutenir .

Nous faisons notre les préoccupations des associations qui accompagnent les migrants dans le Finistère voisin qui nous dénonçaient il y a peu avec la plus extrême fermeté la multiplication des situations de femmes enceintes, de très jeunes enfants, d’enfants souffrant de handicap, ou de personnes gravement malades, même parfois en fin de vie, à qui une demande d’hébergement a été prescrite par les services médicaux, qui sont laissées délibérément à la rue. Voilà ce qui nous autorise à parler d’ignominie dans la politique d’accueil des migrants.

Face à ces situations qui auparavant trouvaient des solutions et n’en trouvent plus aujourd’hui, une formidable solidarité silencieuse s’organise. Il vous appartient de connaître, tout le travail associatif fait par des milliers de nos concitoyens en termes d’accompagnement, d’orientation, de soutien, d’hébergement, d’éducation, … qui pallie les carences de l’État. Face aux démissions de l’état central faisons de la Bretagne une terre d’accueil pour les migrantEs qui fuient les guerres impérialistes, la misère, l’esclavage, les violences faites aux femmes. C’est le sens du slogan Breizh Digor qui veut dire Bretagne ouverte.

Le conseil départemental de Loire-Atlantique a annoncé le 3 juillet un soutien exceptionnel d’un million d’euros que se partageront deux associations de sauvetage en mer : la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) qui opère le long du littoral national, et SOS Méditerranée, qui s’apprête à affréter un navire au large des côtes lybiennes. Exigeons du conseil départemental des Cotes d’Armor qui se réunira la semaine prochaine et de la Région Bretagne qu’ils fassent de même et réunifient la Bretagne dans les faits et les actes d’une politique d’accueil et de secours aux personnes migrantEs dont le sort ne nous laissent pas nous indifférents.

De l’air ouvrez les frontières ! était l’autre slogan mis en avant ce matin . De l’ai oui nous avons besoin pour refuser les politiques xénophobes qui sont des politiques criminelles . Car on vient d’apprendre que la France n’avait pas répondu à l’appel de la Capitaine du Sea Watch 3 pour accoster à Marseille, disons le haut et fort le gouvernement de Macron se rend ainsi complice du fasciste Salvini . Nous espérons que ses soutiens locaux crèvent de honte devant cette ignominie. De l’air ouvrez les frontières ! Stoppons la normalisation des propos racistes et xénophobes , des politiques racistes antimigrants ! “

Le dimanche 11 novembre 2018 le drapeau Alsacien claquait au sommet de la cathédrale de Strasbourg pour le centenaire de l’armistice. Cette action qui rappelle que l’Alsace n’est ni Française ni Allemande a été beaucoup commentée dans les médias et critiquée par les politiciens locaux. L’état français outragé par ce seul rappel souhaite porter plainte. Le drapeau alsacien serait donc illégal chez lui… Il est savoureux de rappeler que le pouvoir prussien sous le second Reich avait lui aussi eu du mal à le supporter,  il fut combattu par le pouvoir français dans l’entre deux guerres et interdit par le régime nazi.

Les jeunesses communistes d’Alsace développent une position originale sur la question nationale en Alsace-Lorraine, nous nous en sommes déjà fait l’écho. Et nous avons déjà publié des articles sur la république Alsacienne et les communistes lors du soviet de Strasbourg en novembre 2018. Dans cette même lignée nous publions le communiqué de JC du Bas-Rhin sur l’action à la cathédrale qui assume clairement la tradition du mouvement ouvrier en faveur du droit à l’autodétermination, comme dans cet autre texte sur les 100 ans du conseil ouvrier de Strasbourg :

L’autonomie du peuple alsacien, c’est l’autodétermination du peuple alsacien, autrement dit une Alsace aux mains des travailleurs et travailleuses d’Alsace, quelle que soit leurs origines d’ailleurs.

Problématique sur laquelle les sections du PCF et des MJCF en Bretagne restent bien silencieuses.

Bretagne Info 

Le Rot un Wiss dans le cortège de la JC 67 pour les 100 ans du soviet de Strasbourg

En ce matin du 11 novembre Strasbourg voit flotter sur la flèche de la cathédrale le Rot und Wiss, vraisemblablement hissé dans la nuit, action dont les auteurs ne sont pas encore identifiés (voir l’article de France Bleu Alsace [1]). Le drapeau rouge et blanc symbolise l’autonomie de l’Alsace, et c’est un symbole que se partagent à la fois les autonomistes alsaciens comme le parti Unser Land et les divers communistes ou militants de la gauche au sens large qui prennent position sur cette question. Un rapide exposé de notre position sur la question alsacienne est donné en 6ème point de nos textes d’orientation [2].

L’action est donc fortement symbolique puisqu’elle se produit aujourd’hui où l’on célèbre le centenaire de l’armistice signé le 11 novembre 1918 qui consacre la fin de la première guerre mondiale. Cette date se place aussi dans le contexte des événements révolutionnaires de tout le mois de novembre en Alsace-Lorraine, qui verra la formation partout dans la région de conseils ouvriers et de soldats dont nous commémorions la naissance mercredi dernier [3]. En effet il y a 100 ans, c’était le drapeau rouge qui flottait sur la cathédrale ! Nous avons rédigé un article sur ces événements [4] dans lequel nous traitons de la question alsacienne plus en détail, et où nous exposons aussi notre position vis à vis des mouvements autonomistes alsaciens. Notre position est donc claire, l’Alsace ne souffre que d’une oppression, économique et culturelle : celle de la classe capitaliste dont les intérêts s’expriment via l’État Français. Ainsi nous revendiquons une autonomie de classe pour l’Alsace, dont la seule expression possible et pérenne est la construction du socialisme.

Si donc nous sommes clairs sur nos désaccords avec la grande part des autonomistes alsaciens qui n’ont pas une position révolutionnaire prolétarienne et idéalisent une culture fixée de l’Alsace, nous soutenons la portée symbolique de cette action qui rappelle que le peuple alsacien a autant souffert sous le drapeau français que sous le drapeau allemand. L’armistice signé le 11 novembre 1918 n’est pas une fin de la guerre offerte par la France et ses alliés aux peuples, ce sont les peuples eux-mêmes, et en particulier les travailleurs, qui se sont soulevés contre la guerre et ont permis d’y mettre fin, comme l’illustre la mutinerie de la flotte allemande qui lança un mouvement révolutionnaire dans toute l’Allemagne. La France n’a donc pas sauvé le peuple alsacien de la guerre, et au contraire elle l’y plongera plus cruellement encore pour défendre ses profits en 1939.

Nous exprimons donc le dégoût le plus sincère envers les représentants de la bourgeoisie française, libéraux et social-chauvins, dont la condamnation politique de cet acte sous prétexte d’un devoir de respect pour la date du 11 novembre est une offense au peuple alsacien et à l’Histoire. Des propos tels que ceux tenus par Alain Fontanel, 1er Adjoint au Maire de Strasbourg chargé de la culture dans son tweet en réaction à cet événement [5] dénotent du caractère chauvin et volontairement ou non ignorant de l’Histoire. Célébrer le centenaire de l’armistice par le Rot und Wiss plutôt que par le tricolore est bien plus respectueux pour les milliers d’alsaciens qui ont vécu la guerre, la disette, la négation de leur identité et la construction des champs de mort de la seconde Guerre mondiale dictées de concert par les États capitalistes, qui aujourd’hui encore nourrissent le chauvinisme pour détourner la colère des opprimés.

La paix ne vient pas d’en haut, elle vient d’en bas, et elle vient armée. Organise ta colère !

MJCF BAS-RHIN

Sources :

[1] Article de France Bleu Alsace daté du dimanche 11 novembre 2018 : “Le drapeau alsacien Rot un Wiss hissé illégalement sur la cathédrale de Strasbourg”.

[2] Textes d’orientation adoptés à la Conférence fédérale du MJCF 67 (30 septembre 2017).

[3] Commémoration du centenaire du Conseil ouvrier de Strasbourg.

[4] Notre article sur le centenaire du Novembre rouge alsacien : “Il y a 100 ans : le drapeau rouge”.

[5] Tweet du 1er Adjoint au Maire de Strasbourg chargé de la Culture, Alain Fontanel.

Il n’est pas exagéré ou injurieux d’affirmer que le PCF en Bretagne est pour le moins frileux quand à l’évocation de la moindre évolution institutionnelle en Bretagne. Si des engagements sincères en son sein existent ici et là en faveur de la langue bretonne on n’a jamais lu un texte de ce parti en faveur de la co-officialité de la langue bretonne. Suivant les fédérations départementales on perçoit bien que tous les adhérents de ce parti ne sont pas très à l’aise avec ces questions. Il faut dire que leur histoire d’amour tumultueuse avec la mouvance mélenchoniste,  elle très hostile à la langue bretonne et même à l’affirmation de la moindre singularité bretonne , n’aide pas pour classer ce parti dans le camp des défenseurs du droit du peuple breton à choisir son avenir. Peu semblent savoir en son sein que l’Humanité en 1932 défendait les poseurs de bombe de Gwenn-ha-Du groupe “terroriste” nationaliste breton qui fit sauter le monument de la honte à Rennes symbolisant l’union de la Bretagne à la France et par là même le droit du peuple breton à l’autodétermination.

En Alsace , suite à la constitution du soviet de Strasbourg ( un des seuls conseils ouvrier-soldats-paysans de l’actuel état français )  qui institua l’éphémère république d’Alsace-Loraine en novembre 1918 les communistes du PCF ont parfois fait front commun avec la revendication autonomiste alsacienne dans les années 20 et 30 et la défense des libertés et de la langue locale.

Comme en Bretagne, le PCF abandonna progressivement ce soutien aux nationalités opprimées de l’hexagone au fur et à mesure qu’il entamait sa mue de parti de gouvernement défendant l’unité de la France.

Depuis 2014 et la réforme territoriale qui a engloutit l’Alsace-Moselle dans le Grand-Est la revendication “autonomiste” alsacienne a reprit de la vigueur et de la visibilité. Les scores du Parti autonomiste Unser Land , prés de 5 % aux régionales de 2015 et de très bonnes prestations aux départementales, sa capacité a mener des campagnes contre le Grand Est en sont des témoignages. Unser Land ( le Parti Alsacien ) est un parti centriste et fédéraliste.

Désir d’Alsace ?

C’est un courant suffisamment puissant qui oblige comme le rappelle le journal “Les Echos” du 6 aout 2018 le gouvernement à ” d’ Edouard Philippe, a charger la ministre Jacqueline Gourault d’une nouvelle mission de concertation sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Un rapprochement entre Haut-Rhin et Bas-Rhin est envisagé.” Et le préfet Marx de se prononcer malgré “un désir d’Alsace” perceptible dans la population contre une sortie de l’Alsace de la région Grand-Est et une future collectivité unique. Le combat pour que le peuple Alsacien puisse s’exprimer est à mener.

Le retour de l’Alsace rouge ?

Mais à part Unser Land une autre formation a fait une déclaration étonnamment favorable à l’autonomie de l’Alsace, parlant même d’autodétermination, de référendum et d’indépendance. Les Jeunesses communistes du bas-Rhin ont adopté une résolution en novembre 2017 lors d’une conférence fédérale ayant pour mot d’ordre : « Pour une Alsace libre et dans les mains de ses travailleurs » (!!) exigeant :

A Court terme : bilinguisme appliqué dans l’enseignement (français/allemand-alsacien), promotion de la langue et de la culture régionale, réappropriation des symboles alsaciens par le mouvement communiste (drapeau rouge et blanc, etc.), maintien du droit local (notamment en ce qui concerne l’assurance maladie), abolition du Concordat par référendum.

A moyen et long termes : autonomie avec auto-détermination du peuple alsacien (référendum pour une indépendance, etc).

En plus de cette résolution les jeunes communistes alsaciens recouvrent les murs d’affiches sur lesquelles ils assument clairement leur mots d’ordres.

C’est surprenant et réjouissant, nous serions curieux de savoir ce qu’en pensent leurs alter-égos des fédés PCF et MCJF de Bretagne ( Loire-Atlantique incluse ! )….

Ce qui seraient des revendications justes en Alsace ne le seraient pas en Bretagne ?

Bretagne-info leur est ouvert…

ps : la photo de une est issue d’un rassemblement de la Brigade Antifasciste de Strasbourg qui a publié un intéressant texte contre la récupération de l’identité alsacienne par les fascistes.

Mise à jour : On nous signale l’existence d’un dossier historique sur les communistes et la question Alsacienne et les prises de position des JC de Perpignan ( Catalogne nord ) en faveur du respect du droit à l’autodétermination de la Catalogne sud ( ! ) .

 

 Evit klozañ gant ar bloavezh 2017 en deus graet Tugdual Karluer evel an holl gelaouennerien : teurel ur sell war an darvoudoù pennañ zo bet er vro.

Ar stourm sokial pennañ zo bet ‘enep da adkempenn al lezenn war al labour” emezañ.  Setu ma kinnig teurel “Un tamm sell war an istor” dre aze .

A-hed an atersadennoù e ro a gaoz en dro d’ar re zo bet o vanifestiñ evit difenn gwir al labourerien hag al labourerezed. Adklevet a reer Guillaume Bricaud, Gael Roblin, Yoann Colas ha Kaou Le Davay (ezel eus Nuit Debout Lannuon )  barnet ha didamallet e Gwengamp evit bezañ kemeret perzh e oberennoù galv Plouared.

Prosez Gwengamp zo bet kentelius e meur a zoare. Diskouezet o doa an damallidi o c’hoant da liammañ ar stourm evit ar justis sokial gant ar brezhoneg en ur embann sklaer ez afent e brezhoneg a-raok hag e-pad ar prosez. Ur skoazell ledan a-walc’h a oa bet embannet gant aozadurioù liesseurt evel Skoazell Vreizh, ar CGT, kannaded zo e parlamant Europa, Ai’ta,an tu-kleiz dizalc’hour evel-just,an NPA,ar PCF, CNT, Solidaires,UDB….Met un nebeud mizioù goude emeur c’hoazh o c’hortoz ur gemmenadenn skoazell a-berzh Kevre Breizh da skouer pe c’hoazh kuzul sevenadurel rannvro Breizh….Bez e  c’heller lenn c’hoazh kemmenadenn skouerius CGT Gwengamp evit difenn ar gwir d’ober gant ar brezhoneg dre aze.

E 2018 e vo  kaoz c’hoazh eus efed adreizh al labour e buhez pemdez al labourerien ha deus plas ar brezhoneg er stourmoù sokial

Vendredi 12 mai, le tribunal de Guingamp a relaxé les quatre inculpés de Plouaret poursuivis pour avoir prétendument bloqué des trains dans cette commune en mai et juin dernier contre la loi travail.

Lors de l’audience, ils ont demandé à s’exprimer en langue bretonne ce qui leur a été refusé malgré les demandes de leur avocat, Maitre Larzul qui a cité la constitution française, la déclaration des droits de l’homme, la Charte Européenne des Langues minoritaires et d’autres textes internationaux, sans oublier l’inoubliable poème de Gilles Servat “Crachat”.

Guillaume, Yoan, Kaou et Gael ont donc choisit de ne pas s’exprimer en français à l’audience. L’accusation ne reposait que sur une photo de presse relative à un blocage et les identifications faites par les gendarmes, en toute objectivité bien sur… Même le procureur n’a pu que reconnaître la vacuité des charges pour l’ensemble des actions et n’a pas caché sa gène en ne requérant que 1 mois avec sursis et 500 euros d’amende pour chacun.

Dans la salle comme dans la rue le soutien aux prévenus était présent et bien argumenté. Ainsi, Lamine Ndiaye élu de Graces, Cindirella Bernard élue PCF à Begard, Gerard Kernec maire du Vieux-Marché, Jean-Do Robin conseiller pédagogique à la retraite et Erwan Chartier historien ont rappelé l’engagement des prévenus au service de la population dans tous les aspects de leur militantisme, tout en disant que bloquer la gare de Plouaret est une sorte de tradition locale pour s’opposer à toute les décisions imposées par Paris qui peuvent dégrader nos conditions de vie.

La CGT, le NPA, Sud Rail et de nombreux anonymes étaient présents dans la salle et devant le tribunal de Guingamp pour exiger la relaxe.

Les camarades après la relaxe.

Maitre Larzul s’est donc chargé de lire une traduction de la déclaration des prévenus que nous reproduisons :

 

Chacun de nous est au fait des actions de blocage de train qui ont été menées par des militants de l’appel de Plouaret et contre la loi travail en mai et juin dernier. Des blocages similaires, dus au mouvement social ont aussi eu lieu dans d’autres zones de l’état.

Nous sommes solidaires de ces mouvements . Nous rappelons que la loi travail nous a été imposé par le gouvernement avec l’utilisation du 49.3, processus anti-démocratique.Nous réfutons pourtant notre présence physique sur les rails à Plouaret pendant le mois de mai et juin 2016. Aucun de nous n’était présent le 19 mai, date pour laquelle figure une photo dans le dossier. Nous nous interrogeons sérieusement quant au processus d’identification.

Nous attendons des explications sur les vraies raisons qui amènent à la convocation arbitraire de quatre personnes quand l’objet de cette procédure vise clairement un mouvement social en son entier. Nous avons le sentiment d’être visés pour l’ensemble de notre engagement politique, voir culturel et syndical. Le but n’est-il pas de décourager toute action de protestation en mettant en avant les sanctions possibles ? Nous observons que la quasi totalité des faits faisant l’objet de plaintes de la SNCF justifiant le procès et pour lesquels nous sommes poursuivis aujourd’hui n’ont même pas été évoqués lors des interrogatoires en gendarmerie. Nous sommes poursuivis sur la base d’une photo de presse et de l’identification qu’en ont faites des gendarmes et personne d’autres. Et nous avons été interrogé sur notre éventuel appartenance à un mouvement légal.

Notre droit fondamental à un procès juste et équitable ne nous semble pas respecté puisque nous devons répondre de faits sur lesquels nous n’avons pas été interrogés pendant le simulacre d’enquête.

Notre droit fondamental à un procès juste et équitable ou nous puissions nous exprimés librement dans la langue de notre pays, celle de notre coeur, de nos familles et de nos activités professionnelles n’est pas garanti puisque nous n’avons pas le droit de nous exprimer ici en breton.

 

Le droit fondamental des millions de salariés et précaires à être entendus dans le cadre d’un processus démocratique lors du passage en force de la loi travail n’a pas été garanti malgré les journées de grèves et de manifestations.

 

Nous sommes poursuivis pour faits de grève le 19 mai et avoir appelé au blocage de l’économie. Nous en sommes très fiers. Que représente le blocage d’un train quelques dizaines de minutes par rapport aux ravages des politiques néolibérales et de la loi travail adoptée sans débat dans le quotidien de millions de salariés  ?

 

Aucun mouvement social n’a jamais été victorieux sans bousculer la légalité et désobéir collectivement

Nous ne sommes pas jugés pour l’avoir fait mais pour le penser et l’avoir affirmer.

Le président n’a pu que prononcer la relaxe applaudie par les camarades présents. Le soir plus de 250 personnes sont venus fêter ça au Dibar à Plougonver.

La campagne de solidarité rondement menée a suscité beaucoup d’articles de presse et de prises de postions jusqu’au parlement européen.

Enfin, le résultat de procès sonne comme un encouragement aux opposants locaux à la loi travail et au nouveau pouvoir parisien, un encouragement à continuer à converger et à construire la résistance.

Nous invitons à faire parvenir vos dons à Skoazell Vreizh qui a pris en charge les frais d’avocat (3000 euros).

 

D’ar Gwener 12 a viz Mae 4 brezhoneger perzh eus galv Plouared a zo bet barnet evit bezañ kemeret perzh e stankadennoù trenioù e Plouared e Mae hag Even 2016 evit lavarout nann d’al lezenn labour.

Tost da 80 den a oa deuet devezh ar varnadenn da skoazell anezhe ha da embann e kavent direizh e vijent barnet en desped ma oa bet betek 150 den a-wezhoù e ti-gar Plouared.

Nac’het o doa ar pevar c’homper (tri anezhe zo perzh eus Breizh O Stourm par ra parti an hini diwezhañ eus Nuit Debout Lannuon) ober gant ar galleg dirak an archerien. Setu m’o doa kendalc’het devezh ar varnadenn.

Nac’het e oa bet dezhe kaout ur jubennour, daoust d’ar memes barner bezañ roet e asant evit ur jubennour portugalek en un teuliad all d’ar memes devezh. Setu ma oant chomet mut a-hed o frosez.

Sed aze ar pezh o doa diskleriet dre hanterouriezh o breutaer, lennet gantañ un droidigezh eus ar skrid mañ :

Gouzout mat a ouzomp a oa bet stanket trenioù e miz Mae warlene, da reiñ da c’hout da Bariz e oa fuloret ar vretoned a-enep lezenn nevez al labour hag ar bolitikerezh kapitalist.
Obererezhioù damheñvel zo bet kaset da vare an emsavadeg sokial e pep korn ar stad.

Kengret omp gant an doareoù stourm-se. Adkas a reomp da soñj e oa bet lakaet ar lezenn da dremen a drugarez d’ar 49.3 un doare ober nann demokratel.
Nac’hañ a reomp anzav omp bet war an hent-houarn e Plouared e mizioù Mae hag Even 2016. Hini ebet ac’hanomp na oa aze d’an 19 a viz Mae, deiziad ar poltred nemetañ a zo en teuliad. Kaout a rafemp gouzout en un doare sirius piv en deus roet hon anvioù.

Gortoz a reomp displegadennoù diwar-benn an abegoù gwir a gas ac’hanomp hon 4 pa’z eo ur stourm sokial ledan en e bezh a zo taget. Soñjal a ra deomp omp barnet abalamour d’hor stourm politikel, sindikadel pe sokial. Ha ma vije ar pal ober aon d’an dud evit ma chomfent hep kemer perzh e stourm ebet evit chom hep bezañ kastizet ?

N’omp ket bet aterset e-pad an enklask gant an archerien diwar-benn darvrasañ an oberennoù  zo tamallet deomp hiziv.
Kaset omp dirak al lezvarn diwar brouenn ur poltred embannet en ur gazetenn zo bet lakaet hon anvioù warnañ gant an archerien ha den ebet all.
Aterset omp bet evit gouzout hag e reomp perzh eus un emsav stourm hervez lezenn.
Ne vez ket doujet ouzh hor gwir diazez da gaout ur prosez reizh ha kempouez abalamour hon eus da respont deus fedoù n’omp ket bet aterset diwar o fenn e-pad ar pezh zo anvet gant  lod zo  un enklask…

Ne vez ket doujet ouzh hor gwir diazez da gaout ur prosez reizh ha kempouez kar n’hon eus ket ar gwir d’ober gant ar brezhoneg , yezh hon bro , hor galon , hol labour…
N’eo ket bet doujet ouzh gwir diazez milionoù a labourerien ha tud lakaet diaes gant ar c’hevala da vezañ selaouet e-doug un aergerzh demokratel pa’z eo bet lakaet da dremen dre an nerzh al lezenn labour daoust d’an devezhioù harz-labour ha manifestadegoù niverus.

Kaset omp dirak al lezvarn abalamour hon eus kemeret perzh en harz-labour d’an 19 a viz Mae 2016 ha peogwir hon doa galvet da stankañ an ekonomiezh. Ha lorc’h zo ennomp.
Pegement a goust un tren stanket e-pad un nebeud minutoù keñveriet ouzh ar poanioù denel niverus a ranko anduriñ milionoù a labourerien en o buhez pemdez abalamour d’al lezenn-labour ha d’ar politikerezhioù frankizour ?

N’eus ket bet emsavadeg sokial ebet a vije bet trec’h hep tremen dreist d’al lezenn pe kemer hent an disentiñ stroll.

N’omp ket barnet evit bezañ bet graet kement-se , evit bezañ bet gant ar soñjoù se ha bezañ kaballet evite ne lâromp ket.

Da heul pemp test evel Lamine Ndiaye dilennet e Gras, Cindirella Bernard dilennet e Bear, Gerard Kernec Maer ar c’houerc’had, Jean-Do Robin kuzulier pedadogel war e leve hag Erwan Chartier evel istorour a oa deuet da gontañ pegen boaz eo tud ar vro da stankañ an hent-houarn e Plouared pa vez dleet dezhe nac’h sentiñ eus kement tra direizh a zegouezh eus Pariz.  Evel m’o doa lavaret e kavent reizh e vije implijet seurt doareoù pa ne vez ket selouaet ouzh ar manifestadegoù klasel. An holl strolladoù pe sindikadoù bet perzh eus ar stourm a-enep d’al lezenn labour  o doa adlâret n’o doa graet ar pevar stourmer nemet kemer perzh e devezhioù harz-labour .

Ken skañv ma oa an teuliad eo bet aes d’ar breutaer diskouez e oa dibosupl tamall tra ebet dezhe. Abalamour da se en doa prezidant al lezvarn laosket anezhe da vont kuit didamall pa oa bet goulennet ur miz gant goursez ha 500 euro kastiz evit ar pevar stourmer gant ar brokulorez.

Da noz ez eo ouzhpenn 250 den hag a oa deuet da lidañ se e Plougonveur.

Un devezh kalonekaus evit ar re a zalc’h da nac’h politikerezh sokial ar gouarnamant ha kentelius en abeg d’an degemer mat bet graet d’an azgoulenn liammet gant implij ar brezhoneg er vuhez forañ gant harperien liesseurt ar re varnet .

An SNCF an hini en doa savet klemm, ar prokulor a c’hell ober galv eus ar varnadenn dindan dek devezh.

Daou gannad eus parlamant Europa o doa roet da c’houzout e oant ankeniet gant an niver a dud barnet evit bezañ bet oberiant e-doug ar stourm evit enebiñ ouzh al lezenn labour hag adembann pegen reizh eo e c’hellfe ar vretoned ober gant o yezh e kement darvoud zo :

Jill Evans eus Plaid Cymru ( asambles gant an UDB ) ha Juan Juaristi eus Bildu (dizalchourien bor-Euskal).

Skoazell Vreizh eo en doa paiet ar frejoù breutaer.

– Quatre camarades seront jugés le 12/05 pour avoir pris part à des rassemblements contre la loi travail dans la gare de Plouaret en mai et juin 2016, ce qui a occasionné des blocages de trains. Ils sont quatre à être jugés alors que jusqu’a 150 personnes ont participé à ces rassemblements. Et le dossier pénal ne contient rien indiquant que nos camarades ont pu prendre part à l’ensemble de ces blocages. On tente d’individualiser des actes collectifs de résistance à l’injustice sociale en s’en prenant à quatre militants connus (ils militent à Nuit Debout ou à la Gauche Indépendantiste)

Le 6 mai à 11H ce sera la dernière fois du quinquennat que nous manifesterons contre la loi travail et son monde et le 12 mai, jour du procès, la première fois du nouveau quinquennat. Dans les deux cas, au delà de l’injustice flagrante que nos camarades subissent nous croyons dans la force de l’action collective dans la rue pour lutter pour la justice sociale, le capitalisme, pour la défense de l’environnement et contre les projets miniers, pour la langue bretonne, le droit à l’autodétermination du peuple breton… Descendre dans la rue en cette période électorale est primordial pour rappeler que lutter ne saurait se résumer à voter de temps en temps pour des millionnaires. Et pour tisser des liens de complicité pour les résistances anticapitalistes à venir contre les nouveaux dirigeants du pouvoir de Paris et en tout premier lieu contre le Front National et ses idées, et ce quelque soit le choix de chacun pour lui faire obstacle le 07 mai. La diversité des soutiens exprimés envers les 4 de Plouaret démontre que de la répression peut naitre l’unité populaire anticapitaliste en prenant en compte la complémentarité des formes de luttes.

– Nos quatre lascars ont répondus en breton aux convocations car c’est leur langue de cœur, celle de leur foyer et de leur travail, c’est dans cette langue, celle de notre pays, qu’ils répondront au tribunal quoiqu’il arrive, leur manifester soutien c’est replacer au cœur du débat social cet instrument de communication que chacun peut s’approprier sans distinction d’origine et qui à toute légitimité à vivre dans les luttes sociales et dans la vie publique.

– La Bretagne est un territoire marqué par les luttes collectives, parfois victorieuses, demain c’est encore de là que nous lutterons pour un avenir meilleur, c’est de là que nous continuerons dans cette diversité à conspirer et conspirer c’est respirer ensemble. Pour bien respirer il nous faut aérer notre espace commun, la rue, des odeurs xénophobes et capitalistes qui l’envahissent, pour toutes ces raisons nous vous attendons samedi 06 mai à 11h place de la gare à Guingamp et le 12 mai à 8h30 devant le tribunal de cette même ville.

La Gauche Indépendantiste.

Soutiens : Nuit Debout Lannion, Ul CGT Guingamp, FSU Guingamp, CNT 22, Gauche Indépendantiste, NPA, PCF Guingamp, Sud Rail Bretagne, Solidaires Trégor, OCL…

Une adresse aux “insoumis” par un militant de la Gauche Indépendantiste….

L’idée de ce texte et des autres qui suivront n’est pas de faire une analyse de la campagne présidentielle. Nous ne parlerons pas des programmes, des chiffres, des sondages, de qui, peut-être dans le pseudo-suspens d’un grand chambardement, fera se perpétuer tranquillement et dans l’ordre la tristesse de notre monde. Nous reviendrons plutôt en détail sur les différents aspects qui alimentent notre rejet profond des élections de 2017.

Il parait que des gens du Front de gauche – la France insoumise qu’ils s’appellent maintenant – chantent l’International en ajoutant à la partie « Ni dieu, ni César, ni tribun », « Ni Mélenchon ». Amusant comme on peut être juge et partie d’un culte de la personnalité, sans doute une forme d’humour par l’absurde. Mettre le nom et la gueule de quelqu’un partout, s’imaginer que lui donner le pouvoir le plus absolu en France représente une émancipation collective, attendre avec impatience la victoire du sauveur… et être insoumis-e, voilà qui est pour le moins intriguant.

Etre insoumis-e en dépendant d’un homme providentiel, quand bien même de gauche ? Ou peut-être que le fait qu’il soit de gauche excuse tout. Notamment qu’il vienne du PS, qu’il y ait forgé sa carrière politique et médiatique. Peut-être cela excuse aussi que le tribun en quête de pouvoir ne lève pas la voix sur les méthodes coloniales de la police française qui font s’agiter la jeunesse depuis plusieurs semaines.

Accordez-lui au moins une forme de logique et de constance, il n’a pas soutenu les élans insurrectionnels contre la loi travail, il ne soutiendra jamais aucune émeute, lèvera toujours la voix contre les « casseurs », contre les zadistes qui lui jettent de la boue, en les traitant de fascistes, il parlera de manipulation de la police ou de l‘extrême droite quand il y aura de la violence en manifestation. En somme il continuera de faire ce qu’il a toujours fait, se battre corps et âme pour sa prise de pouvoir et le maintien de l’ordre dans lequel il compte bien régner. Masses laborieuses en colères restez chez vous, regardez Mélench’ à la télé, ne vous exprimez pas, ne vous organisez pas, regardez, il est en train de le faire pour vous. Participez à l’action dans le cadre défini, la participation à sa campagne, et le vote pour lui évidemment.

Ce qui énerve beaucoup avec Mélenchon c’est l’aspect gauche tamponnée « autorisée à la consommation ». Il faut bien quelqu’un d’un peu gauche pour barboter dans le bain médiatique au nom du pluralisme et de la démocratie. C’est intéressant d’avoir quelqu’un pour absorber les ruptures qui se consomment au fur et à mesure des années. Plutôt que d’aller vers la marge et le combat de terrain, regardez Mélenchon, de la gauche qui brille, qui doit être crédible puisque médiatique. Ses grandes saillies sociales font même souvent oublier le cadre de sa pensée globale, celle qui lui donne aussi l’accès aux médias, celle qu’on a du mal à ne pas voir depuis les marges bretonnes.

On a du mal par exemple à apprécier ses déclarations sur l’empire colonial français, lui qui vante une France dont le littoral s’étend sur toutes les mers du monde. De la punchline à la Mélench qui concurrencerait même les tournures du style, « le soleil ne se couche jamais sur l’empire britannique », « la Méditerranée traverse la France comme la Seine traverse Paris », et autres métaphores merveilleuses de l’histoire coloniale. Et rappelons qu’à propos des échanges sur la colonisation crime contre l’humanité, le tribun ose dire qu’il faut peser ses mots, son porte-parole que ces genres de propos n’ont pas de sens…

On a d’ailleurs hâte d’entendre Mélenchon discuter avec Oscar Temaru, indépendantiste polynésien lui aussi candidat à l’élection. L’ONU considère au passage à nouveau la Polynésie comme territoire à décoloniser. Son talent d’orateur sera bien utile pour lui expliquer face caméras les bienfaits de la France internationale qui a ses côtes sur tous les océans, notamment grâce à la Polynésie, la Kanaky, la Guyane, la Martinique… Territoires français n’est-ce pas, rien à voir avec la colonisation.

Et sur la colonisation intérieure on a du mal à digérer en Bretagne les phrases de Mélenchon sur la langue bretonne. Qu’il vienne dans les troquets et sur les marchés de Scaër, Melrand, Brasparts, Douarnenez, Lannion ou autres, qu’il vienne expliquer aux vieux et aux jeunes parlant breton que leur langue est une langue d’intellectuels sur-unifiée créée par les nazis pendant la guerre comme il aime à le dire. Heureusement pour lui, toutes ses positions ultra nationalistes républicaines n’apparaissent que très peu dans les débats. Et pour cause, ces positions sont la norme des gens qui barbotent entre eux sur les plateaux télés parisiens. Qui donc porterait, à lui ou à quelqu’un d’autre, la contradiction sur ces idées ? Personne, c’est plus simple, la contradiction n’existe pas, donc le problème n’existe pas non plus.

Le problème Mélenchon est une chose, le problème des gens qui le soutiennent en est une autre. Mais avec eux au moins on peut discuter, ils sont plus proches de nous, c’est-à-dire dans le monde réel et pas dans les stratosphères du tribun providentiel. Alors on vous le demande, vous qui allez voter pour Mélenchon, vous étiez dans la rue contre la réforme des retraites, contre la loi travail, vous avez soutenu la ZAD, vous tentez de faire de l’action de terrain et de la politique concrète ? Et puis quoi, vous allez voter pour lui, et il va perdre, et vous serez déçus. Et vous aurez gâché un dimanche et de l’espoir en un flan médiatique qui finira par retomber. Autant rester dans la rue plutôt que de passer par l’isoloir.

Mais on peut faire les deux disent certain-e-s, l’un n’empêche pas l’autre. Sauf que si très concrètement, l’un empêche l’autre. Vous verrez, s’il faut mettre en œuvre une contestation de gauche face à un pouvoir mélenchonien, vous verrez que les rangées de CRS de la France insoumise feront vite se rappeler des positions de Mélenchon sur l’ordre, l’autorité, les vilains casseurs. A moins de penser qu’avec le sauveur tout ira pour le mieux dans le meilleurs des mondes, il fera tout parfaitement bien, lui l’homme du PS c’est l’ami du peuple n’oublions pas. Peut-être qu’il n’y aura pas besoin, ou pas le droit, de contester. Accordez nous au moins le doute sur cet avenir en commun incertain.

Entre l’isoloir présidentiel et la rue, on peut même dire que l’un est utile et que l’autre ne sert à rien. Enfin si, l’isoloir sert à resserrer les liens autoritaires de la fausse fraternité républicaine, celle de l’ordre, que Mélenchon acclame sans cesse. Celle du triptyque de la politique sérieuse, entre médias où nous avons le droit d’écouter, isoloirs où nous avons le droit de voter, CRS qui s’assurent que nous n’ayons le droit de ne rien faire d’autre. En somme la politique à son cadre, celui dans lequel se trouve Mélenchon, celui que nous voulons faire voler en éclat.

Mais attention, pointe révolutionnaire oblige, Mélenchon va nous changer de République, du balais ! Il s’est même permis depuis plusieurs années de reprendre honteusement les slogans de révoltes populaires, « dégage », « qu’ils s’en aillent tous » – on insiste sur le « tous » – pour dire : ‘virez les et mettez moi à leur place’. Au départ il vantait la révolution citoyenne, puis la nouvelle constitution sans révolution, mais vous remarquerez l’absence de différence réelle entre les deux concepts. Un vrai braquage digne du grand banditisme, ramener des gens en rupture avec la Ve république à participer activement à son système électoral au nom d’une VIe république portée par quelqu’un qui ne sera pas élu et qui donc ne la fera pas. Nous, on propose de s’écarter toujours plus de cette république capitaliste coloniale, qu’importe le numéro que l’on met devant, alors que la campagne de Mélenchon aura le grand avantage de ramener toujours plus de gens dans son orbite.

Car au final, si même Mélenchon n’avait que des bonnes positions sur toutes les thématiques émancipatrices pour les individus, les communautés et les peuples que nous défendons, quel serait l’intérêt ? Il est intriguant de voir toujours plus de gens chercher à défendre l’action de terrain, l’émancipation locale politique, économique, culturelle, sociale, et continuer à regarder vers Paris. Si vous laissez la politique dans les plateaux télés et les institutions parisiennes n’imaginez pas qu’elle vous laissera des espaces de libertés et d’actions. Voter pour ça, c’est renforcer sa légitimité. Les espaces de libertés se construisent sur le terrain et de multiples façons, toutes différentes et interdépendantes. L’élection présidentielle à l’inverse c’est un nuisible, un élément et un évènement extérieur, là où se change le visage de la personne incarnant le pouvoir qui fait la chasse à ces espaces.

Ou peut-être faut-il être réaliste, se dire que le pouvoir est là dans la présidentielle et qu’il faut faire avec, jouer le jeu ou disparaitre. Et bien vive la disparition. Car voter pour un des perdants ne pourra jamais enlever la crédibilité globale que cela donne au gagnant-e du fait de la participation à l’élection en elle-même. Et il faut aussi être réaliste pour comprendre que ce pouvoir ne sera jamais là pour nous servir mais toujours là pour que nous le servions. Nous, on propose de prendre les voiles et d’agir sur notre territoire, on propose l’échelon Bretagne. Rejoignez-le ou pas, si vous agissez localement sur ce territoire vous y êtes déjà. Mais cessez donc de laisser à Paris le droit de nous gouverner. Un préfet nommé par un pouvoir mélenchonien reste un préfet.

ALC.

 

Les militants du NPA de Kemper ont traduit du castillan l’article qui suit relatant les positions de PODEMOS Andalousie en faveur de l’indépendance de cette nation.

Nous reproduisons cet article , car nous avons déja consacré des brèves au fait national Andalou et par ce que nous souhaiterions que les laudateurs de Podemos en Bretagne et en France , toujours très hostiles aux revendications indépendantistes ou simplement à celle en faveur du droit à l’autodétermination du peuple breton le lisent…Cela alimentera peut-être leur réflexions sur le caractère plurinational de l’état français et sur l’indissociabilité du combat de classes et de celui pour le droit à l’auto gouvernance des peuples sans état ici aussi.

Cette publication intéressante ne doit pas nous faire oublier non plus combien PODEMOS dans les Pays Catalans et au Pays Basque ou en Galice semble bien moins engagé dans la perspective de rupture avec l’état central.

Par ailleurs d’autres organisations se revendiquent en faveur de l’indépendance de l’Andalousie : Andalucia Communista, Jaleo, Nacion Andaluza

Bretagne Info.

 

Le successeur de Diego Cañamero (Podemos) à la direction du SAT demande l’indépendance de l’Andalousie.

Pour Oscar Reina cela «facilitera le développement économique et social » de l’Andalousie et il considère les nationalismes de  Catalogne et du Pays Basque comme « frères  »

Le porte-parole su Syndicat andalous des Travailleurs (SAT), Oscar Reina, qui a remplacé à ce poste par Diego Cañamero de Podemos, a déclaré que « l’indépendance de l’Andalousie facilitera le développement des processus économiques et sociaux » et considère comme des frères les catalans et basques.

« Nous devons de aller ver plus de souveraineté, plus d’indépendance et de ressources propres », a déclaré Reina, qui a souligné que la SAT comme un syndicat organisé en assemblées, républicain, de gauche et souverainiste andalou.  Bien que le séparatiste ne soit qu’un courant au sein de l’organisation, il y est majoritaire selon les statuts du syndicat lui-même.

« Etre radical c’est aller à la racine du problème, et le problème de l’Andalousie est le même qu’il il y a cent ans, ne pas avoir la capacité de décider de ses propres ressources», a réitéré Reina. Sur les processus catalans et basques, le chef du SAT a dit que « bientôt l’Andalousie sera libre aussi, le vrai souverainisme andalou doit libérer et transformer l’Andalousie, nous sommes nationalistes pour être internationalistes, parce qu’un travailleur est le même partout » a-t-il ajouté.

« Les processus basques et catalans sont simplement plus avancés, » Reina également considérés comme des «frères de processus» parce que «ce qui est en cause c’est de s’org-aniser par le bas afin que la voix des peuples dans les parlements soit entendue,  nous croyons profondément que plus de détermination donnera lieu à plus de démocratie ».

Il a également dit que «le SAT n’est pas identifié à un parti», mais de son prédécesseur, Diego Cañamero, a dit que « là où est Cañamero est la voix du syndicat », car c’est « un exemple de cohérence des politique » .

Un fils d’ouvriers et ancien conseiller municipal

Oscar Reina a 26 ans, a  travaillé dans l’agriculture et la construction, a eu le bac,  a deux frères, est le fils de journaliers à qui il doit sa conscience politique, a été conseiller municipal de de Gilena ( Sevilla), qu’il a quitté pour à la tête de la SAT dont il est secrétaire général.

Bien que pas condamné, plusieurs procédures judiciaires pèsent sur lui pour les occupations de domaines à Somonte (Córdoba) et Las Turquillas (Sevilla)  et l’attaque de deux super- marchés, dont dit: «J’espère que cela ne veut pas avoir des conséquences criminelles parce que je n’en ai pas profité ni fait de mal à personne, j’ai défendu le bien social de l’Andalousie, comme Blas Infante le voulait.  »

Le SAT revendique environ 5.000 militants qui paient des cotisations, mais en comptant  ceux qui ne peuvent pas payer on peut atteindre près de 25.000.

Créé en 2007 à l’Université de Séville, le syndicat a eu aussi dans ses rangs des professeurs d’université.

http://www.publico.es/politica/lider-del-sindicato-andaluz-trabajadores

Plus d’info :

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El SAT denuncia la detención de otro sindicalista por las « expropiaciones » en supermercados
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Sindicatos alternativos de todo el Estado se citan en Madrid para apoyar al SAT
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El SAT vuelve a ocupar la finca pública Somonte en Córdoba

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Voici une liste non-exhaustive des mobilisations contre la loi Travail en Bretagne le 28 avril.

Loire-Atlantique/Liger-Atlantel

  • Nantes/Naoned : 10h30 — Esplanade des machines de l’île (départ de la Fac à 9h30)
  • Saint-Nazaire/Sant-Nazer : 10h30 — Place de l’Amérique Latine
  • Châteaubriant/Kastell-Brient : 10h30 — Place de la Mairie
  • Coueron/Koueron : 10h30 — Place de la Mairie
  • Ancenis/Ankiniz : 10h30 — Station Esso

Ille-Et-Vilaine/Il-ha-Gwilun

  • Rennes/Roazhon : 11h00 — Esplanade Charles de Gaulle
  • Redon : 11h00 — Sous-Préfecture
  • Saint-Malo/Sant-Malou : 11h00 — Devant la Médiathèque “La Grande Passerelle”
  • Fougères/Felger : 17h30 — Place Aristide Briant

Finistère/Penn-ar-Bed

  • Brest : 10h30 — Place de la république
  • Quimper/Kemper : 10h30 — Place de la Résistance
  • Carhaix/Karaez : 10h30 — Rassemblement devant les locaux de la CGT
  • Morlaix/Montroulez : 10h30 — Place de la Mairie
  • Quimperlé/Kemperle : 10h30 — Place Saint-Michel

Morbihan/Mor-Bihan

  • Lorient/An Oriant : 14h00 — 84 Boulevard Cosmao Dumanoir
  • Vannes/Gwened : 14h00 — La Rabine
  • Pontivy/Pondi : 14h00 — La Plaine
  • Lanester/Lannarstêr : 13h00 — Pont des Indes
  • Belle-île-en-Mer/Enez ar Gerveur : 14h00 — Le Port du Palais

Côtes d’Armor/Aodoù an Arvor

  • Saint-Brieuc/Sant-Brieg : 10h30 — Place de la Liberté
  • Guingamp/Gwengamp : 11h00 — Parvis de la Mairie
  • Dinan : 12h00 — Esplanade de la Résistance
  • Lannion/Lannuon : 11h00 — Place de Caerphily
  • Rostrenen/Rostrenn : 10h30 — Place du Champs de Foire