Tag

trump

Browsing

Face à la réticence des Martiniquais à participer aux élections européennes, le pouvoir français et ses relais locaux mettent tout en œuvre pour faire croire que l’intégration de notre pays à l’union européenne constitue une chance. Ils font tous miroiter les subventions de l’Europe sensées nous porter la prospérité. Tous font languir sur l’accès au grand marché européen qui permettrait l’écoulement de nos maigres productions. Il n’y a là rien de bien nouveau.  En réalité l’intégration de notre pays a commencé depuis longtemps et est menée quotidiennement. Les effets négatifs de cette intégration combinée avec ceux de notre situation de colonie de la France soulignent avec force notre état de dépendance avec ses terribles conséquences : Une agriculture coloniale caractérisée par une quasi monoculture bien profitable au lobby béké de la banane, un mépris total de notre biodiversité, un secteur industriel rachitique, une économie anesthésiée, une dépendance alimentaire renforcée, une importante croissance de l’importation avec le déversement massif de produits européens dans les grandes surfaces qui pullulent avec comme conséquence la disparition de toute production martiniquaise, de nos artisans, de nos cultivateurs, de nos marins pécheurs…

Force est de constater que la politique du président Macron s’inscrit avec virulence dans la continuité de celle de tous ses prédécesseurs, elle sert les nantis et elle aggrave la situation des plus malheureux. C’est bien cette économie coloniale qui est à l’origine du chômage endémique générant plus de 50 000 chômeurs, d’une émigration massive de notre jeunesse facteur du vieillissement inquiétant de notre population. Cette intégration à marche forcée à l’Europe c’est aussi l’installation soutenue d’européens, l’acquisition pernicieuse de notre terre par des étrangers. C’est aussi le renforcement de l’entreprise d’aliénation de notre peuple invité à se renier et à se fondre dans la culture de l’autre. C’est l’étouffement de notre personnalité, prémisse de la liquidation de notre peuple en tant que tel. C’est aussi cette Europe mortifère pour notre pays qui emboite le pas à la puissance coloniale française, qui nie notre droit à disposer de nous-mêmes, qui nie notre existence, qui légifère, qui réglemente, dans le moindre détail nos vies comme par exemple dans le domaine alimentaire ou de la santé en relevant le taux de pesticides ingérables par nos organismes.  C’est cette Europe prédatrice et impérialiste qui a entrainé d’autres pays dans la mise à sac de la planète en détruisant les écosystèmes au mépris des générations actuelles et futures. C’est bien cette Europe qui ne cesse de fixer des normes par-dessus nos têtes sans même que les «élus  locaux» dépourvus de pouvoir réel de décision aient voix au chapitre.

C’est encore à cette Europe là –pour l’essentiel- que nous devons la cherté actuelle du carburant, du fait de son alignement sur les positions de TRUMP . Dans cette Europe que l’on présente comme un paradis de prospérité et de paix on compte des millions de chômeurs, de travailleurs pauvres, de ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté. Dans cette Europe des milliers d’entreprises sont liquidées, sacrifiées sur l’autel du profit capitaliste. Au sein de cette Europe c’est l’accroissement des tensions, c’est la montée du fascisme menaçant, c’est le rejet des immigrés, la multiplication des crimes racistes.  Cette  Europe qui hypocritement parle de pacifisme, fomente les guerres notamment en Afrique et au Moyen Orient et reste l’une des principales pourvoyeuses d’armes à des belligérants qu’elle manipule.  C’est encore cette Europe qui soutient sans réserve l’état fasciste d’Israël massacrant le peuple Palestinien. C’est elle qui en ce moment, avec le gouvernement des États-Unis, harcèle le Venezuela, lui impose un blocus et appelle à un coup d’état contre un gouvernement légitime et démocratiquement élu. N’en déplaise aux quelques politiciens « locaux » qui, parce qu’ils trompent consciemment le peuple pour  satisfaire leurs ambitions électoralistes ou parce qu’ils vivent dans l’illusion,  figurent sur les listes des candidats français à la députation européenne, nous ne voulons pas de cette Europe destructrice et mortifère. Nous appelons les Martiniquaises et Martiniquais à boycotter massivement le scrutin du 25 mai prochain et à transformer une abstention record en résistance résolue contre le pouvoir colonial français, contre l’intégration forcée et mortelle de notre pays à la France et à l’Europe.

PA BA MOUN BATON POU BAT NOU ! PA VOTÉ  SANMDI 25 MÉ 2019 !

Conseil National des Comités Populaires (CNCP), Mouvement des Démocrates et Ecologistes pour une Martinique Souveraine (MODEMAS), Mouvement Pour la Résistance et l’Offensive Martiniquaise (MPREOM), Pati Kominis pou Lendépandans ek Sosyalizm.

“Nous,  participants et participantes à la rencontre organisée par le CNCP, le MODEMAS et le PKLS le jeudi 25 octobre 2018 au Centre Culturel du Bourg du Lamentin, affirmons  que le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe reconnu par les institutions et législations internationales, ne peut souffrir d’aucune exception ni dérogation  et que son application ne saurait, en aucun cas, être déterminé par les cadres et décisions venant de puissances dominantes dont l’autorité a été imposée aux peuples concernés. En conséquence :

  • Nous dénonçons les conditions dans lesquelles se déroule le référendum organisé par la France en Kanaky. L’offensive de peuplement ininterrompue depuis la circulaire de Pierre Messmer, la participation de ressortissants Français au suffrage, le contrôle des moyens médiatiques et la domination économique coloniale enlèvent toute crédibilité à ce référendum au résultat programmé.
  • Nous dénonçons la répression sauvage du peuple Catalan par le régime monarchique Espagnol. la violence policière contre des populations civiles, l’incarcération de dirigeants élus coupables d’avoir organisé ou participé à un référendum d’autodétermination et de prôner l’instauration d’une République sont une agression contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
  • Nous dénonçons les manœuvres de déstabilisation et de subversion orchestrées par les puissances occidentales contre le peuple Vénézuélien. En bafouant les choix de ce peuple qui a exprimé sans équivoque son soutien à la Révolution Bolivarienne à travers des élections fiables et transparentes, en organisant le chaos économique et en attisant une subversion violente au Venezuela, les impérialistes piétinent le droit international.
  • Nous dénonçons le maintien de la domination coloniale française en Martinique.  La réalité du colonialisme se manifeste par une administration totalement dirigée par la France, l’absence pour le Peuple Martiniquais de tout pouvoir politique réel, le caractère extraverti de l’économie soumise aux intérêts français et le contrôle des médias et de l’éducation. Ce sont des barrières érigées contre le droit de notre peuple à l’autodétermination.

    Martinique le 25 Octobre 2018

Suite de la chronique  Québecoise sur les élections provinciales du 04 octobre entamée ici. Merci à notre correspondant !

Raz de marée de la CAQ

                Coup de tonnerre sur la Belle Province. La CAQ (Coalition Avenir Québec) rafle 74 des 125 sièges du parlement du Québec, avec près de 37,5% des suffrages exprimés. Le parti, dirigé par l’homme d’affaire millionnaire François Legault, obtient donc la majorité absolue, ce qui lui permettra d’appliquer son programme politique sans entrave. En tant que socialiste, on ne peut que s’alarmer de cette situation. Le projet de Legault ne diffère pas celui de Trump aux Etats-Unis : exploitation débridée de l’écosystème, « rééquilibrage » du budget à coup de coupes dans les secteurs sociaux ainsi que rejet des immigrants, en particulier des musulmans, comme le montre une des premières mesures annoncée par la CAQ qui consiste à interdire les signes religieux pour les employés du gouvernement (les fonctionnaires étaient notamment autorisés à porter le voile). Que ceux qui doutent encore de l’orientation politique de la CAQ constatent par eux-mêmes que la personnalité politique française qui s’est réjouie de ce que « contrairement à ce que serinaient les libéraux immigrationnistes béats, les Québécois ont votés pour moins d’immigration » n’est autre que Marine Le Pen. Il est certain que des propositions identitaires comme le test de valeurs québécoises pour les immigrés n’a plus que plaire à la dirigeante du Rassemblement National.

François Legault en compagnie du Premier Ministre canadien Justin Trudeau

Fin du règne libéral et désintégration du Parti Québécois

                Cependant, annoncer que le Québec serait devenu un pays de droite serait présomptueux. A l’image des élections américaines et françaises, ces élections ne sont rien d’autre que l’expression d’une grogne populaire, un vote « sanction » d’une population lassée d’une offre politique restreinte et périmée. Le PLQ (Parti Libéral du Québec), qui régnaient jusqu’à présent sans conteste au Canada, vient de subir sa seconde défaire cinglante en peu de mois. Le nombre de siège du parti au Québec passe de 68 à 32, avec moins de 25% des suffrages exprimés. La perte de l’Ontario au conservateur Doug Ford, suivi par cette nouvelle défaite au Québec face à Legault font que le parti libéral vient de perdre son emprise sur les deux plus densément peuplées et économiquement développées provinces du Canada. La sanction a été à la hauteur des déceptions de la population. Néanmoins, le plus grand perdant de ces élections est le PQ (Parti Québécois). Originellement un des plus puissants partis au Québec, le PQ a subi une gifle monumentale, passant de 30 élus en 2014 à 9 et perd même son statut officiel de parti au parlement ! Le dirigeant du parti, Jean-François Lisée, a même été défait dans le quartier de Rosemont à Montréal par un candidat du parti indépendantiste de gauche, Québec Solidaire, et a annoncé sa démission de la direction du parti. Ceci est le résultat d’une campagne catastrophique, durant laquelle Lisée a accumulé les sorties décrédibilisantes à propos de ses opposants de gauche, Québec Solidaire, les qualifiant de « marxistes », « dogmatiques », contre le « bien commun » (c’est-à-dire contre une alliance avec le PQ) et « d’accepter la partition du Québec » (possibilité pour les peuples autochtones de se séparer du Québec lors de l’indépendance de ce dernier). Il est amusant de remarquer qu’au lendemain des élections, ce même PQ s’annonçait « prêt à collaborer avec QS ».  En vérité, l’échec du PQ ne repose que sur le parti lui-même, qui s’est détaché depuis longtemps des préoccupations sociales de la population québécoise, laissant le champ libre à Québec Solidaire, et est resté ancré dans un nationaliste unitaire et replié sur lui-même, terrain largement dominé par la CAQ.

Percée timide de Québec Solidaire

                Le parti QS (Québec Solidaire) a atteint ses objectifs et a triplé son nombre d’élus, passant de 3 à 10 avec 16,10% des suffrages exprimés, devançant le défunt PQ, et compte bien se définir comme la principale force d’opposition à la CAQ. La campagne de QS fut claire et malgré un résultat modeste, en avançant des mesures sociales concrètes comme le transport en commun à moitié prix, l’assurance dentaire pour tous, la rédaction par une assemblée d’une constitution pour le Québec, la gratuité scolaire, l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars, QS a réussi à pousser la campagne vers la gauche, forçant le PLQ et le PQ à se positionner en faveur de mesures similaires aux leurs. Il est bon de noter que lors de la montée de QS dans les sondages, certains journaux se sont empressés de tenter de décrédibiliser QS de manière éhontée, le Journal de Montréal en publiant une opinion de Denise Bombardier, une bourgeoise du milieu médiatique « spécialiste de la pensée communiste », traitant QS de parti « parti d’extrême gauche qui rejette notre système « capitaliste » et qui exècre la social-démocratie à la québécoise », d’insinuer que « Marx, Lénine et même Trotsky sont les inspirations de la pensée [de Québec] solidaire » et de conclure que « Québec solidaire est une réelle menace pour l’avenir de la démocratie », rien que cela ! Le blogue de Michel Hebert dans le Journal de Québec n’était guère plus flatteur, qualifiant « leur positionnement sur l’environnement » de « lubie irréaliste », leurs dirigeants « de deux co-mythomanes », leur reprochant l’absurdité économique de « cinq semaines de vacances pour tous et le salaire minimum à 15 dollars » dans un pays où seules deux semaines sont prévues dans la loi et rappelant que les québécois sont les « champions nord-américains des programmes sociaux », ce qui fera doucement sourire un lecteur breton ou français… Il est intéressant de constater que peu importe le pays et le degré d’aides sociales, les classes dirigeantes reprocheront toujours aux travailleurs leurs conquis sociaux, que cela concerne les vacances trop longues ou la fainéantise des employés ! Les classes dirigeantes ne seront satisfaites que lorsque tout le système de sécurité sociale aura été démantelé, que ce soient deux ou cinq semaines de congés payés ou un salaire minimal de 15 dollars ou 10 euros !

La suite

                L’avenir apparaît sombre. Le programme politique de la CAQ n’augure rien de bon, nous ne pouvons qu’espérer que sa popularité chute brutalement dès l’application de leurs premières mesures. En ce qui concerne l’indépendantisme, les résultats sont mitigés. Pour la première fois depuis des années, la thématique de l’indépendantisme est dominée par un parti de gauche et la domination du PQ est à sa fin, ce qui pourrait amener à la renaissance d’un mouvement nationalitaire plus sain. Cependant, il faut se rendre à l’évidence, serait-ce la fin d’un cycle indépendantiste au Québec lorsque les deux partis prônant l’indépendance totalisent à peine 19 sièges sur 135 au parlement ?

“La Colonne Bonaventure”

Sources :

https://www.ledevoir.com/politique/quebec/538259/signes-religieux-les-employes-de-l-etat-recalcitrants-pourraient-perdre-leur-emploi-avertit-la-caq?utm_campaign=Autopost&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1538587998

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201810/02/01-5198821-immigration-marine-le-pen-endosse-les-mesures-de-francois-legault.php?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

https://www.lesoleil.com/actualite/politique/la-caq-imposerait-un-test-des-valeurs-aux-immigrants-pour-bloquer-le-burkini-57423625592a5dd6baaa28e63361208b

http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2018/201810/01/01-5198686-defait-jean-francois-lisee-quitte-la-direction-du-pq.

Les élections provinciales auront lieu en octobre au Quebec, un étudiant breton qui vit là-bas se définissant comme communiste libertaire et signant “La Colonne Bonaventure” nous a proposé cet article qui souhaitait informer le public breton et français des réalités du terrain sur l’indépendantisme et le socialisme, assez méconnus en fin de compte, et sur les élections québecoises et canadiennes. Nous le remercions vivement. Son analyse n’engage que lui mais intéressera sans doute beaucoup de lecteurs et lectrices pour qui l’indépendantisme Québecois est un référent historique.Bretagne-Info.

Québec : indépendance, socialisme et Trumpisme en ce début de 21ème siècle

Le Québec est l’une des principales références contemporaines francophones des luttes pour l’indépendance. Mais depuis les victoires obtenues par le peuple québécois dans les années 60 et 70 face à l’hégémonie culturelle et économique anglo-canadienne et le très célèbre « vive le Québec libre ! » de De Gaulle en 1967, qu’en-est-il désormais du mouvement indépendantiste québécois et de ses revendications ?

Commençons pour des rappels historiques. Le Québec, comme de nombreux pays du monde en cette période de décolonisation, n’échappa pas à l’explosion des mouvements de libération nationaux des années 60/70. Contrairement à des nombreux cas, ce mouvement, connu sous le nom de « Révolution Tranquille », fut essentiellement pacifique (avec l’exception notable du FLQ) bien que radical dans ses revendications. Dès les années 50, des leaders syndicaux, tel que Michel Chartrand, pousse la classe ouvrière, non seulement québécoise mais aussi canadienne, à se doter d’un organe politique afin de canaliser l’effervescence présente dans les masses. Ce fut chose faite en 1961 lors de la création du Nouveau Parti Démocratique (NPD), parti qui existe toujours de nos jours. Cependant, très rapidement l’anglo-chauvinisme des leaders anglo-canadiens de gauche poussera le parti à l’éclatement entre socialistes franco-canadiens d’un côté et les anglo-canadiens de l’autre, ces derniers conservant le contrôle du NPD. Les travailleurs québécois, isolés culturellement sur le continent nord-américain, n’aurons d’autres choix que de s’allier avec les classes moyennes et capitalistes francophones locales afin de défendre leurs intérêts économiques et culturels. Tout ceci se concrétisera dans la naissance du célèbre Parti Québécois (PQ) en 1968. Dans cette ambiance explosive, ponctuée par la trop souvent oubliée grève générale du Québec de 1972, et sous la direction de René Lévesque, le PQ gagnera les élections provinciales de 1976. Durant cette « Révolution Tranquille », plusieurs mesures révolutionnaires seront prises, comme la fameuse loi 101 ou Charte de la Langue Française en 1977, imposant le français comme seule et unique langue officielle de la province (contrebalancé par un bilinguisme officieux), la nationalisation de l’électricité sous le contrôle de Hydro-Québec amorcée dès 1944 et complétée en 1962, et finalement deux référendums sur l’indépendance, l’un en 1980 (59% pour le fédéralisme) et un autre en 1995 (50,58% contre l’indépendance).

Bien qu’il ait pu sembler exister une unité nationale autour du PQ, la lutte des classes reprit le dessus et, comme de nombreux mouvements indépendantistes bien engagés avant lui, le PQ prit un virage à droite. Il faut bien rappeler le caractère « incestueux » du PQ, dans lequel cohabitait des syndicalistes révolutionnaires et des conservateurs. René Lévesque, le dirigeant du PQ, aurait lui-même déclaré qu’il « aimerait mieux vivre dans une république bananière d’Amérique du Sud que dans un Québec dominé par les délires des syndicats ». Le PQ avait donc essentiellement été poussé par une base militante populaire extrêmement combattive plus que par ses cadres, provenant souvent de l’aristocratie francophone du Québec. De tels contradictions ne tardèrent pas à se concrétiser et en 1983, le PQ adopta la répugnante loi 111, ou « loi matraque », qui permettait en cas de prolongement d’une grève d’imposer des pertes de salaires et d’ancienneté aux employés, ou simplement de congédier les plus récalcitrants sans droit de recours ou d’appel. La loi 105, adoptée un peu plus tôt, suspendait de plus le droit de grève pour les fonctionnaires. Pour la première fois depuis la fondation du parti, une manifestation fut dirigée contre René Lévesque et le PQ. Le parti avait prouvé qu’il était capable de faire le travail historiquement réservé aux partis anglo-canadiens et aux libéraux : soumettre les travailleurs québécois aux intérêts capitalistes. Cependant, en l’absence de parti réellement socialiste au Québec et de l’existence de racines originelles communes entre le PQ et le syndicalisme québécois, les principaux syndicats ont continué jusqu’à nos jours à démontrer une infatigable, mais mal récompensée, loyauté envers le PQ.

Qu’en est-il aujourd’hui ? A la veille d’élections provinciales, le Québec se retrouve dans une situation similaire à celle de nombreux pays occidentaux : le bipartisme s’écroule. Alors que couramment le PQ et les libéraux combinaient à eux seuls près de 80% des suffrages, les derniers sondages indiquent qu’ils en obtiendraient moins de 50. Les causes sont multiples. Tout d’abord, le Parti Libéral du Québec, après des années au pouvoir et les échecs répétées de ses politiques, que ce soit pour contenir la crise de 2008 ou tout simplement défendre les intérêts des travailleurs, ne peuvent s’en prendre qu’à lui-même. Du côté indépendantiste, ayant perdu la confiance des masses, le PQ s’est engagé sur la pente glissante de l’identité nationale, avec des mesures anti-musulmans et anti-réfugiés, bien éloignées d’un indépendantisme socialiste, pour tenter de trouver un second souffle. Cependant là n’est pas le pire pour le mouvement québécois.

Francois Legault

Un ancien péquiste, François Legault, a fondé en 2011 la Coalition Avenir Québec (CAQ). François Legault est un riche homme d’affaire québécois, fondateur de la compagnie aérienne AirTransat, qui surfe sur la vague nord-américaine du « businessman politicien ». A l’instar de Trump, Legault allie promesses démagogiques aux travailleurs et appui décomplexé envers le patronat, tout en répétant la rengaine désormais classique sur la bureaucratie vampirique. Son programme est simple : privatisation de l’éducation et des garderies, « modernisation des syndicats », quotas d’immigration couplé d’un « examen de connaissance de valeurs québécoises », réductions de délais pour démarrer un projet minier, attirer les capitaux étrangers et « libérer la force de nos entrepreneurs », « encourager la participation au marché du travail le plus longtemps possible » des travailleurs âgés, abolir des emplois dans les entreprises d’Etat tels que Hydro-Québec, le tout accompagné de son florilège de remarques Trumpesques : les femmes seraient moins regardantes que les hommes sur les salaires, les jeunes québécois devraient s’inspirer de l’esprit travailleur asiatique, sans oublier que « les syndicats ont le droit de grève, mais c’est un droit de grève qui est, disons, théorique parce que ça finit à répétition avec des projets de loi spéciaux » ! Malgré cela, la CAQ est en tête des sondages avec près de 32% des intentions de vote et risque bien de remporter les élections provinciales, ce qui serait un coup terrible pour le Québec et le socialisme. Pour ce qui est de l’indépendantisme, la CAQ l’a simplement abandonné et se limite à revendiquer « plus d’autonomie pour le Québec à l’intérieur du Canada ». Cependant, peut-on réellement blâmer le Québec alors qu’il se retrouve isolé avec Trump au Sud, dont la réputation n’est plus à faire, et Doug Ford, l’ex-conseiller municipal de Toronto récemment élu premier ministre de l’Ontario, à l’ouest, dont les premières mesures ont été d’annuler des centaines de projets d’énergies renouvelables ainsi qu’un projet pilote de revenu universel, tenter d’empêcher les professeurs d’éducation sexuelle d’enseigner la théorie du genre, menacer des couper les subventions aux universités ne soutenant pas le « free speech » de présentateurs « controversés » et s’opposer à l’interdiction des armes de poings à Toronto tout en augmentant les fonds alloués à la répression policière.

Un seul petit espoir subsiste, c’est Québec Solidaire (QS). Ce parti, fondé en 2006 et né d’une scission de la frange gauche du PQ, bien que loin d’être révolutionnaire ou de s’assumer pleinement socialiste, est ce qui apparaît le plus à gauche dans le courant indépendantiste québécois. Plusieurs mesures phares de leur programme le démontrent clairement : assurance dentaire universelle, transports publics à moitié prix, rédaction démocratique d’une Constitution qui servirait de base à un Québec indépendant, gratuité scolaire complète jusqu’au doctorat, rémunérations des stages, augmentation du salaire minimum à 15 dollars. Malheureusement, malgré un dynamisme certain et une campagne agressive, le parti n’obtient péniblement que 16% des intentions de vote.

Quel sera donc l’avenir pour le Québec, son indépendance et son socialisme ? Qu’adviendra-t-il du moribond Parti Québécois ? La CAQ va-t-elle triompher et retarder de plusieurs années les avancées sociales du pays, si ce n’est pire ? Ou assisterons-nous à une agréable surprise avec Québec Solidaire qui pourrait paver la voie à un renouveau du socialisme indépendantiste québécois ? Nous ne pouvons qu’espérer que dans le cas d’une victoire de la CAQ, les socialistes indépendantistes québécois sauront prodiguer le soutien constant qui sera nécessaire afin de traverser cette période troublée.

La Colonne Bonaventure

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Chartrand

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_québécois

https://www.marxiste.qc.ca/analyses/780-le-marxisme-et-la-question-nationale-au-quebec.html

https://marxiste.qc.ca/nouvelles/quebec/795-comment-stopper-la-caq.html

https://coalitionavenirquebec.org/fr/

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1036514/construction-opposition-partagee-projet-loi-speciale

https://www.theglobeandmail.com/canada/article-doug-ford-year-one-ontario-premier-explainer/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Québec_solidaire

https://quebecsolidaire.net

https://www.latribune.ca/actualites/elections-2018/sondage-mainstreet-gcm-dans-richmond-bachand-loin-devant-341f9851b213ebe7733d0e3579c8acd7

Un camarade a séjourné il y a peu en Martinique, et en revient après de nombreux échanges avec la gauche du mouvement indépendantiste local. Il partage ici les nuances et débats passionnés qui traversent l’ensemble des mouvements et partis indépendantistes concernant la formation du plus célèbre d’entre eux : Alfred Marie-Jeanne, député à Paris pendant 10 ans.

Bretagne-Info.

Le MIM en tension : la fin du pseudo-indépendantisme du parti ?

Le 7 septembre aura lieu l’Assemblée Générale du Mouvement Indépendantiste Martiniquais, une réunion cruciale pour l’avenir du parti : le leadership d’Alfred Marie-Jeanne, incontesté depuis 1978, est en effet mis en danger par les tensions entre ses partisans et ceux de Jean-Philippe Nilor, député indépendantiste martiniquais. Le changement de direction du parti pourrait s’avérer intéressant, les frondeurs revendiquant « un MIM qui doit revenir à ses fondamentaux, dans son fonctionnement », car le MIM a, dans son histoire, trahi à maintes reprises l’objectif initial du parti, sous l’égide d’Alfred Marie-Jeanne qui règne en autocrate à l’intérieur de la formation. Revenons sur l’histoire de ce mouvement.

Alfred Marie-Jeanne

L’indépendantisme douteux voire opportuniste d’Alfred Marie-Jeanne

« Ce n’est ni une question d’indépendance, ni d’autonomie », titrait un des premiers journaux d’Alfred Marie-Jeanne quand il cherchait à atteindre la mairie de Rivière-Pilote en 1971. C’est en 1973 que sa formation, La Parole du Peuple, s’allie avec les autonomistes du PPM mais il commence à parler d’indépendance en 1974, lors des grandes grèves dans les bananeraies. Initiées par les indépendantistes d’obédience marxiste, ces événements secouèrent violemment l’île, donnant lieu à des combats violents qui firent 2 morts et de nombreux blessés. Alfred Marie-Jeanne profite de cette effervescence pour se projeter à la tête de la revendication indépendantiste en créant la CSTM, syndicat sous son contrôle. Doté de grandes qualités oratoires, il fonde quatre ans plus tard le MIM avec les militants rassemblés sous sa bannière. En plus de son talent de tribun, le leader (aux résultats électoraux incontestables) est accusé de pratiquer le clientélisme pour fidéliser sa base militante. Toujours prêt à rendre service, il n’hésite pas à utiliser les ressources de sa mairie pour des objectifs politiques (donner des permis de construire à ses militants, reconstruire une route à l’autre bout de l’île en vue de l’élection régionale, donner à des mouvements des revendications corporatistes au sein de la CSTM…). Ainsi, ça n’est pas tant le programme et les visées du MIM qui rassemblent, mais simplement le charisme d’Alfred Marie-Jeanne et ses magouilles.
Le problème avec l’opportunisme, c’est qu’en plus d’être malhonnête vis-à-vis de ses engagements, il trahit rapidement les objectifs de fond. Enfoncé dans l’électoralisme et le souci de rester « politiquement correct » dans l’optique de toucher un maximum de personnes (au lieu de s’échiner à construire un discours politique révolutionnaire à l’instar de la gauche indépendantiste martiniquaise), le maître du MIM maintes fois fait figure d’agent du colonialisme, à se demander s’il ne sert pas l’État Français plus que le peuple Martiniquais.

Drapeau Martiniquais

L’électoralisme avant la revendication

Sans passer par le débat de la participation aux élections ou non, des faits objectifs prouvent qu’un parti indépendantiste se compromet. C’est le cas ici quand il va jusqu’à être contradictoire : lors d’un match entre l’équipe martiniquaise et nicaraguayenne en juillet 2017, Alfred Marie-Jeanne piqua une colère noire à la vue des drapeaux indépendantistes dans les tribunes. Le drapeau rouge-vert-noir, présent dans les rangs des indépendantistes depuis le premier acte militant de la cause en 1962, n’a en effet jamais été adopté par le MIM. Pourquoi même pas une tolérance ? La réponse est électorale encore une fois : en 2015, la liste que le parti dirigeait pour les régionales fait une alliance avec la Droite Républicaine, lui permettant de se réimplanter solidement en Martinique. Le deal sur lequel cette alliance fut forgée : pas de débat sur le statut ou l’indépendance de la Martinique pendant 5 ans pour le MIM. À ce niveau là, le militantisme est contre-productif. Mais ce n’est qu’une suite logique : en se posant continuellement en interlocuteur du colonialisme, le parti n’a plus intérêt au conflit et aux gains politiques : pendant la grève générale en 2009 par rapport à la crise économique, et alors que toute la gauche indépendantiste descendait dans la rue, Alfred Marie-Jeanne prenait position contre les grévistes, tout comme il avait prit position contre les artistes, les chauffeurs, les éleveurs… Le cheval de bataille de l’indépendantisme, la question des réparations de l’esclavage, est totalement absente de leur discours également, de peur de froisser leurs amis colons.

Quelle indépendance ?

La construction politique du parti donne un aperçu de la conception de l’indépendance par Alfred Marie-Jeanne et ses partisans : politique néo-libérale (aucune revendication sociale ne figure dans leurs revendications, mais on y parle de restaurer l’équilibre comptable et d’assainir les finances publiques), clientélisme, règne autocratique du leader (le programme est tout de même écrit à la première personne)…
L’analyse de Frantz Fanon sur le rôle du parti indépendantiste bourgeois avant l’indépendance (dans Les Damnés de la Terre) s’applique à la perfection : une élite déconnectée des masses et de leur situation qui se pose en interlocuteur privilégié du colonialisme pour permettre à ses membres de gagner en crédibilité. Durant les phases insurrectionnelles, le parti reste sagement attendre dans ses bureaux que la situation dégénère pour les colons avant d’intervenir pour proposer un compromis avantageux à ses membres et aux colons : ces derniers se retirent sans être vaincus, avec de solides garanties (Franc CFA, bases militaires) bien protégées par la nouvelle élite dirigeante qui ne fait que perpétuer un système d’oppression, changeant simplement la couleur du drapeau.

Le MIM n’est donc nullement anticolonialiste et son indépendantisme est illusoire, du moins pour le moment : Nilor, le député élu du MIM, va peut-être inverser la tendance ? Il avait déjà prit position pour le drapeau indépendantiste contre la direction du parti, et souhaite revenir à un fonctionnement plus démocratique… Néanmoins, l’alternative ne deviendra intéressante qu’à partir du moment où le MIM changera radicalement sa ligne pour entrer dans une logique indépendantiste connectée aux revendications sociales et cessera sa collaboration électoraliste avec l’État français ; car l’indépendance ne sera totale que si elle se fait vis-à-vis de l’oppression d’une manière générale.

I.I.

Le Parti Communiste Marxiste-Léniniste d’Equateur organise régulièrement le Semanario Internacional de Problemas de la Revolución en América Latina (SIPRAL) auquel participe de nombreux partie du sous continent Américain. Pour ce 22ème séminaire de Quito célébrant la pensée de Karl Marx 200 ans après sa naissance de nombreuses organisations de la même obédience ont cosignés un texte disponible ici. Ce parti soutient les luttes et revendications indigènes en s’alliant régulièrement avec le Pachakutik.

Le Conseil National des Comités Populaires de Martinique y était présent et y a prit la parole, témoignage vivant de l’engagement de Martinquais contre l’impérialisme et le colonialisme français dans cette partie du monde.  Voici le texte lu par Robert Sae , un de ses dirigeants.

 

Bretagne Info.

 

XXII ème Séminaire International

Problèmes de la Révolution en Amérique Latine

*

Application révolutionnaire de la pensée de Karl MARX”

Quito 23- 26 juillet 2018

Contribution du CNCP de Martinique

Présentée par Robert SAE

Responsable aux affaires extérieures du CNCP

Nous développerons trois points dans cette contribution:

– l’évolution de notre compréhension du Marxisme-léninisme,

– la nécessité de la lutte contre l’aliénation et le mimétisme dans notre militantisme,

l’importace d’une meilleure articulation entre la théorie et la pratique.

  1. L’évolution de notre compréhension du Marxisme-léninisme

Le marxisme n’est pas un dogme mais un guide pour l’action”, “Le Marxisme, c’est une science que nous devons étudier et utiliser pour analyser la réalité afin que notre intervention soit réellement révolutionnaire”.

Comme tous ceux qui se sont engagés dans l’action politique sous la banière du Marxisme-léninisme, voici des affirmations que nous n’avons cessé de répéter. Mais, plus nous militons, plus nous réalisons la longueur du chemin qu’il nous reste à parcourir afin que ces convictions soient pleinement traduites dans notre pratique. La méthode mise en oeuvre par Marx, Lénine et les autres théoriciens de la révolution pour analyser le capitalisme et l’impérialisme les a conduits à mettre en exergue les lois scientifiques qui prévalaient dans l’évolution des sociétés. Nous entendons agir en nous appuyant sur la connaissance de ces lois. Mais, en dépit de nos déclarations, la tendance reste prégnante chez nous à forcer la réalité sur laquelle nous devons agir à entrer dans des cadres correspondant aux conclusions exposées par les théoriciens du marxisme et qui découlent de l’étude de réalités différentes, qui sont celles d’autres espaces humains et d’autres époques historiques.

L’un des éléments qui expliquent ce travers, c’est la sous-estimation, dans nos analyses de la réalité et dans l’élaboration de notre projet révolutionnaire, des apports des autres sciences qui, au côté de la science marxiste-léniniste, permettent d’accéder à la compréhension de la réalité du monde. Nous pensons là à la psychologie, à la sociologie, à l’écologie (etc.)

De ce point de vue, il existe des gens qui n’ont lu aucun livre marxiste, parfois même politiquement opposés aux marxistes, mais qui, dans leur pratique, l’utilisant comme M. Jourdain utilisait la prose, font une meilleure application du marxisme que certains militants marxistes. Cela, parce que, grâce à une approche éclectique, ils analysent scientifiquement la réalité. Quant aux théoriciens, aux stratèges et aux propagandistes de nos ennemis de classe, ils prennent soigneusement en compte les apports de la science marxiste, tout en diabolisant celle-ci (Pour que les masses ne se l’approprient pas). Nous avons, d’ailleurs, pu découvrir un manuel de formation des officiers supérieurs de l’armée française qui consacrait un important chapitre à la connaissance du marxisme !

Forts de ces constats, nous avons essayé d’accorder une attention plus conséquente aux apports des autres sciences et de mettre en oeuvre une approche pluridisciplinaire dans nos réflexions. Nous nous sommes également fait un devoir d’observer et d’écouter moins dogmatiquement les autres organisations et mouvements qui oeuvrent sur des terrains non-spécifiquement politiques (écologie, économie alternative et même spirituel). Cette démarche nous a conduits à mieux décrypter un certain nombre de situations et à en tirer des conclusions contribuant à une meilleure efficacité dans nos choix théoriques et pratiques.

Dans le cadre de notre pratique en Martinique, par exemple, nous avons pu réaliser que la méconnaissance des aspects culturels et psycho-sociologiques était un obstacle patent à l’efficacité de notre intervention politique. L’approfondissement de ces questions (grâce notamment aux éclairages de Frantz FANON), nous a amenés à considérer que l’un des freins au développement des conditions subjectives nécessaires à la transformation révolutionnaire, c’est le fait que la société martiniquaise est gangrenée par ce que nous avons appelé le “syndrome de Lynch”.

Voila de quoi il s’agit : Dans notre pays colonisé, le peuple Martiniquais s’est constitué avec, pour base essentielle, des africains qui y ont été déportés et esclavagisés. Notre histoire, c’est celle du démantellement des structures sociales et familiales traditionnelles, de la “chosification” des êtres humains, de la codification et de l’institutionalisation du racisme, de la répression bestiale et des tortures, d’une entreprise systématique de déculturation puis “ d’assimilation”. Tout cela a généré un traumatisme profond qui se perpétue de manière épigénétique mais aussi du fait du maintien de la domination coloniale.

Comment un travail révolutionnaire pourrait-il aboutir sans porter réponse à cette problématique là ?

En définitive, nous avons compris que, pour une application féconde du marxisme-léninisme, nous devions extirper de notre pensée et de notre pratique politiques toute forme d’aliénation et de mimétisme.

  1. La nécessité de la lutte contre l’aliénation et le mimétisme dans notre militantisme.

Tirant un bilan de notre pratique politique, vieille de près d’un demi-siècle, ainsi que des leçons du mouvement révolutionnaire international, nous avons considéré que, pour être capable d’assumer notre missión révolutionnaire, il était indispensable d’affiner nos conceptions en matières politique, institutionnelle, économique, philosophique et culturelle.

Inconsciemment ou pas, nous sommes influencés par l’idéologie bourgeoise dominante. Nous subissons le poids de notre formation scolaire et universitaire, de l’environnement culturel et de la propagande massive de nos ennemis de classes. Aussi devions nous être particulièrement vigilant dans la lutte contre les tendances négatives que sont les suivantes:

  1. – La hiérarchisation erronée des fronts d’intervention

Quel militant, à un moment ou un autre, n’a pas idéalisé la lutte armée comme étant l’expression achevée de la lutte révolutionnaire? Nous posons la question pour illustrer le fait que la façon de considérer les différents fronts de lutte peut être biaisée au point d’influer sur les orientations politiques, alors qu’ils ne devraient être que les champs d’application de celles-ci. Ainsi, l’engagement sur le front syndical ou sur le front électoral peut devenir un engrenage conduisant à se détourner, temporairement ou définitivement, de la stratégie révolutionnaire globale. Cette situation ouvre la porte aux déviations puisque, faute de boussole idéologique, nombreux sont ceux qui, sur les fronts concernés, développent des pratiques et se donnent des objectifs tels que voulus par la bourgeoisie*.

* Exemple de ceux qui appellent les masses à se mobiliser sur la question du nombre de mandats et pas contre les exactions des multinationales.

  1. – La conception élitiste et pyramidale de la société et de l’organisation politique.

Le poids de l’idéologie bourgeoise se fait particulièrement sentir dans la façon de concevoir l’organisation de la société, les institutions et même le rôle de l’avant-garde révolutionnaire.

Aliéné par une conception élististe et pyramidale de la société, d’aucuns en arrivent à nier la prévalence de la pensée collective et à considérer que le contrôle du pouvoir par leur seule organisation et ses dirigeants équivaut à la victoire. En fait, c’est d’un avatar du système qu’il s’agit là et, de toute évidence, cela est en totale contradiction tant avec l’objectif de prise du pouvoir par le prolétariat qu’avec les príncipes qui indiquent que “ce sont les masses qui font l’histoire” “ ou que “les travailleurs se libéreront eux-mêmes”

  1. – Le subjectivisme dans la lutte idéologique.

Les relents de l’idéologie bourgeoise peuvent conduire aussi, parce qu’on est convaincu d’avoir analysé scientifiquement la réalité et d’avoir élaboré une ligne politique juste, à utiliser des méthodes contre-productives dans la lutte pour éliminer les conceptions opportunistes et les déviations. Quand à la pédagogie se substitue la dénonciation virulente, on ne risque pas de faire évoluer la réalité et on n’a certainement pas tiré les bonnes leçons de la pensée de Karl Marx qui nous enseigne que: “Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience”.

Cette remarque ne remet absolument pas en cause la nécessité de mener la lutte idéologique en permanence. Il s’agit, au contraire, pour rendre celle-ci efficace, de se défaire de toute forme de subjectivisme afin de la mettre effectivement au service de nos objectifs de transformation révolutionnaire.

* Exemple: La dénonciation des Rastas ne s’appuyait pas sur une juste évaluation du mouvement “afrocentriste”

** N’y a-t-il pas des leçons à tirer de la capacité qu’ont les impérialistes à faire front contre les peuples et les pays progressistes en dépit de leurs contradictions d’intérêts?

d) – La reproduction des schémas du vieux monde dans l’élaboration du projet alternatif.

En nous penchant sur l’évolution de nombreux pays qui se sont libérés de la domination coloniale directe, nous pouvons constater que la seule indépendance n’a pas permis une transformation radicale de la société*.

*Même quand la lutte de libération a été conduite par des dirigeants anti-impérialistes conséquents.

La raison en est que les institutions et le modèle économique mis en place après l’indépendance n’étaient pas en rupture avec les conceptions propagées par la bourgeoisie occidentale. Si notre ambition est de changer le monde, nous devons en tirer des leçons.

Ces derniers temps encore, beaucoup de voix, dont celles d’anti-impérialistes, se sont fait entendre pour appeler à l’industrialisation de l’Afrique et applaudir la création de « startups » sur le continent. Autrement dit, pour que les peuples africains résolvent les problèmes de pauvreté, de catastrophes naturelles, de pillage du continent, des guerres et du terrorisme, la solution serait qu’ils se noient davantage dans le magma de la globalisation néolibérale, du productivisme et de la compétitivité! Qui, aujourd’hui, ignore que ce modèle génère le creusement des inégalités, l’explosion de de la pauvreté, la destruction du tissu social, de l’environnement et du vivant, bref, que ce modèle conduit le monde à son auto-destruction? Ajoutons ici que les dégats causés par la Révolution industrielle orchestrée par la bourgeoisie ne semblent pas avoir servi de leçon. L’engouement pour la “Révolution numérique” est tel que les mises en garde faites par les experts scientifiques et les écologistes quant aux effets des nouvelles technologies sur la santé des êtres humains et quant aux conséquences en matière de pollution, n’empêche pas qu’elle déferle dans tous les recoins de la planète.

Ainsi, aux antipodes de toute aliénation, il s’agit de concevoir, à travers le projet révolutionnaire, la réorganisation de la production, des services et de la répartion des biens, afin que soient satisfaits les besoins fondamentaux de l’ensemble des populations, dans le respect de tous les éco-systèmes. De ce point de vue, les stratégies développées par les masses populaires sur le plan économique et dans leurs relations sociales pour s’adapter au monde, assurer leur subsistance ou pour résister à l’exploitation et à l’oppression peuvent constituer un socle solide pour la construction du système alternatif*.

* D’où la nécessité d’étudier scientifiquement les ressorts de l’économie non contrôlée institutionnellement dont on ne prend pas assez en compte le fait que son poids est incontestablement plus important que celui de l’économie “officielle”

e) – La sous-estimation des apports civilisationnels des peuples non-occidentaux .

L’un des plus grands crimes des envahisseurs colonialistes est que, pour justifier idéologiquement leur hégémonie, pendant des siècles (c’est encore le cas aujourd’hui), ils ont pratiqué systématiquement le dénigrement de la culture et des civilisations des peuples non-occidentaux. Les rites et religions de ceux-ci ont été caricaturés, leur savoir-faire et leurs inventions occultées ou abusivement attribuées à des “civilisateurs” européens. Parallèlement, la propagande visant à idéaliser leur culture et leur civilisation occidentales n’a jamais faibli en intensité. Ceci explique la difficulté qu’ont certains à prendre en compte les savoirs et les expériences populaires émanant des civilisations non-occidentales dans l’élaboration du projet alternatif de société*. Pour la sauvegarde de notre monde et pour que l’émancipation de l’humanité fasse un nouveau bond, Il faut absolument se défaire de cette aliénation là.

* En ce sens, les institutions traditionnelles, les mécanismes permettant la cohésion sociale, le rapport à l’environnement, au temps et à l’espace prévalant dans les sociétés non-occidentales sont autant de domaine dont l’étude revêt, à nos yeux, une importance capitale.

3 – L’importance d’une meilleure articulation entre la théorie et la pratique

Souvent, depuis que nous nous sommes engagés dans l’action politique, nous avons dû constater que le résultat de nos actions ne répondait pas à nos attentes et nous avons été régulièrement confrontés au fait que des militants, victimes du sentiment de “chayé dlo an panyé”*, baissaient les bras. Pourtant, nous nous sommes toujours efforcés d’accorder une place conséquente à la réflexion, à l’élaboration d’orientations politiques justes et, en même temps, de militer de façon soutenue au côté des masses populaires.

*transporter de l’eau dans un panier

En analysant lucidement les raisons de cette situation, nous avons fini par admettre que nos choix tactiques et nos actions n’étaient pas toujours en adéquation avec nos intentions. Selon nous, ce déphasage résulte essentiellement de deux faiblesses: d’une part, la subjectivité qui pousse à des choix inappropriés dans l’application de la ligne politique, d’autre part, les insuffisances quant à la prise de dispositions concrètes pour assurer la mise en oeuvre des orientations arrêtées. Pour illustrer ces propos, nous citerons deux exemples:

a) – Par conviction et sur la base de notre ligne politique, nous avons toujours affirmé que, pour mettre fin à l’exploitation capitaliste et à la domination coloniale, nous devions impérativement contribuer à l’unité du peuple et au rassemblement le plus large possible des forces opposées au système. Pourtant, dans certains cas, les méthodes que nous avons employées dans la lutte contre les conceptions et les pratiques opportunistes, ou tout simplement inconséquentes, sont allées à l’encontre de ces objectifs là*.

*Exemple de la mauvaise résolution des contradictions sur le front de la lutte syndicale.

b) – Notre deuxième exemple concerne le front des relations internationales.

Nous sommes tous conscients que, dans le contexte de la globalisation néolibérale et de l’offensive généralisée menée par les impérialistes sur les fronts idéologiques et militaires, seule la résistance coordonnée des peuples peut mener à la victoire de la Révolution. A cet égard, les échanges théoriques, la réflexion commune, sont indispensables à l’élaboration d’orientations justes et de stratégies valables. Les communiqués de soutien aux luttes internationales, les déclarations conjointes, les mobilisations et les opérations concrètes de solidarité sont, également, essentiels pour renforcer le moral des troupes. Mais, serions-nous en mesure de mener une lutte coordonnée au niveau exigé par le rapport des forces sans porter des réponses concrètes à ces questions qui nous tenaillent:

Comment garantir la circulation de l’information alternative afin de mener une contre-offensive coordonée sur le front idéologique? Comment pallier les difficultés liées au coût des voyages et aux visas? Comment surmonter valablement la barrière des langues*?”

* Si nous ne portons pas de réponse globale à la question de la traduction, trop peu de militants partageront la richesse des apports permis par les rencontres internationales et beaucoup des publications que nous expédions à grands frais à nos camarades étrangers dormiront sur des étagères.

Nous devons admettre que nos réponses à ces questions sont limitées et que les dispositions que nous avons pu prendre ne sont pas à la hauteur des enjeux. C’est pour cela que vous remercions chaleureusement de nous avoir invités à participer à ce séminaire qui nous permettra de nous enrichir de vos expériences en matière de relations internationales.

Voici donc les réflexions concernant “l’application révolutionnaire de la pensée de Karl Marx” que nous souhaitions partager avec vous, camarades, à l’occasion de ce XXII ème séminaire.

Nous sommes à l’heure de la mère des batailles contre les exploiteurs et les oppresseurs. Ce sont la réflexion collective, l’échange d’expérience, la coordination des actions entre les organisations révolutionnaires, particulièrement entre les organisations marxistes-léninistes, qui nous ouvriront le chemin de la victoire.

Vive le XXII ème séminaire!

Vive le Marxisme-Léninisme!

Vive la solidarité internationale!

Je vous remercie de votre attention.

 

Le CNCP est une des composantes de l’indépendantisme Martiniquais. C’est une formation radicalement anticolonialiste, anticapitaliste qui existe depuis 1982. Avec l’autorisation des auteurs nous publions une tribune critique de l’électoralisme signés de ses dirigeants.

Pour en savoir plus sur le CNCP c’est ici, son bulletin d’info s’appelle Jik An Bout.

Bretagne Info

La démocratie malade des élections

Dans tous les pays dits « démocratiques », les taux d’abstention aux élections ne cessent d’augmenter. Concernant les élus, les sentiments exprimés majoritairement dans la population, ce sont  la désillusion et le dégoût ; ce que traduit la formule « tous pourris ». Ce phénomène est gentiment qualifié de « désamour » par les commentateurs autorisés.

Au dire des bien-pensants, les abstentionnistes déshonorent la « citoyenneté » et bafouent le droit de vote pour lequel des peuples se sont battus et dont certains pays ne bénéficient pas. A les en croire, une fois de plus, les coupables du dysfonctionnement se trouveraient au sein du peuple. Peut-on croire sérieusement que si les « citoyens » voyaient les élus tenir leurs promesses et répondre valablement à leurs attentes, ils se détourneraient si massivement des élections ?

La vérité c’est que les peuples sont de plus en plus conscients que le système électoral est complètement cadenassé par les classes dominantes, qu’il ne permet absolument pas de garantir le respect de leur volonté et que les élus de diverses obédiences qui assurent l’alternance à la tête des institutions ne remettent pas du tout en cause la politique néolibérale scélérate menée par les gouvernements.

Dans pratiquement tous les pays se prévalant de la « démocratie libérale », éclatent régulièrement des scandales mettant à jour la corruption qui gangrène la classe politique et ses élus. Ne citons que deux exemples récents :

  • a) les déboires judiciaires de l’ex-président Sarkozy (accusé de fausses factures et de financement par la Libye, etc.)
  • b) le détournement des données piratées sur facebook par la société « Cambridge Analytica » pour manipuler le vote de millions d’électeurs en faveur de Donald TRUMP.

Il est évident que, forts de leur puissance financière et du pouvoir de manipulation que leur confèrent les empires médiatiques qu’elles contrôlent, les classes dominantes sont en mesure d’empêcher les opposants à leur système de conquérir le Pouvoir par le truchement des élections. Plus encore, l’actualité des dernières années a montré que si des forces progressistes et révolutionnaires parviennent, malgré tout, à remporter des élections, les gouvernements impérialistes occidentaux, se mobilisent pour leur faire barrage. Outre la guerre économique et la subversion, ils ont systématisé la méthode consistant à y organiser des coups d’Etat institutionnels en s’appuyant sur la corruption de certains parlementaires et sur l’instrumentalisation de magistrats réactionnaires (ex : Honduras, Brésil, Venezuela…).

Leur hypocrisie et leur pratique du « deux poids deux mesures » sont manifestes : d’un côté, ils prennent prétexte que des élections ne se sont pas déroulées régulièrement pour agresser militairement des pays tiers (l’exemple de la Côte d’Ivoire est emblématique à ce sujet), de l’autre, ils s’accoquinent avec les pires dictateurs, avalisant leurs coups de force électoraux (comme récemment en Egypte).

Dans ces conditions, à quoi peuvent servir les élections ?

Nous avons déjà montré que les classes dominantes sont capables de cadenasser le système électoral par leur puissance financière et le pouvoir de manipulation de leurs empires médiatiques. Nous avons évoqué également le pouvoir de nuisance des gouvernements des pays impérialistes. La répression fasciste que la Monarchie espagnole exerce actuellement sur les élus Catalans, avec la complicité de l’Union Européenne, illustre parfaitement le fait que les élections ne sont pas le gage d’une véritable démocratie.

Dans de telles conditions, les mouvements alternatifs et révolutionnaires peuvent-ils espérer que la participation aux élections et la conquête de mandats d’élus soient un moyen d’accéder au Pouvoir et à la Souveraineté ?

Il existe chez nous des « patriotes » pour lesquels la question ne se pose même pas : « Nous ne pouvons pas faire la lutte armée, donc c’est sur le terrain des élections que nous devons nous imposer ! ». Cette position est évidemment caricaturale et ne sert qu’à justifier leur opportunisme électoraliste. Heureusement, les luttes populaires peuvent prendre de multiples autres formes. (Grèves générales, mobilisations sur le terrain, désobéissance citoyenne, boycott de produits étrangers, etc.)

Inversement, d’autres appellent au boycott systématique de toutes les élections qualifiant indistinctement tous ceux qui y participent de « vendus » et de « traitres à la nation ». C’est là aussi une position caricaturale parce que, n’étant pas étayée par la capacité de mettre en action des forces susceptibles d’inquiéter le pouvoir colonial, elle ne débouche sur aucune transformation du système.

Participation ou abstention aux élections, résistance clandestine et lutte armée ou mobilisations pacifiques, sont autant de fronts qui ont permis aux mouvements populaires de réaliser des avancées mais qui ont abouti parfois à des désillusions. L’histoire du mouvement révolutionnaire mondial nous enseigne, en tout cas, que si la stratégie et les tactiques, quelles qu’elles soient, ne tiennent pas correctement compte des réalités politiques du moment, elles sont vouées à l’échec.

Avant de répondre à la question de savoir si la participation aux élections peut être un atout dans notre lutte pour la souveraineté, il convient de faire quelques remarques :

– le système électoral en vigueur a été conçu pour favoriser les opportunistes qui ne remettent pas en cause l’idéologie bourgeoise et le pouvoir des classes dominantes et ceux qui sont prêts à toute les compromissions pour partager le gâteau (l’alliance entre les « Patriotes », le RDM, le PCM et les libéraux assimilationnistes, dont les « Sarkozistes », en est un bien triste exemple.)

– L’inconscient collectif reste très marqué par l’idée que l’existence d’élections dans un pays est une garantie de démocratie et, en dépit du rejet des élections manifesté par une grande partie de la population évoqué au début de l’article, paradoxalement, celle-ci accorde difficilement du crédit aux organisations politiques qui n’ont pas d’élus.

– Au-delà de positionnements idéologiques et politiques, le phénomène de l’aliénation généré par la domination coloniale contribue à complexifier la situation. Des individus de valeur, qui auraient pu jouer un rôle notable dans la lutte, ne conçoivent leur épanouissement que dans le costume d’élu et s’automutilent en pataugeant dans les méandres de la politique politicienne. Cette aliénation se manifeste aussi chez des militants n’ayant pourtant pas d’ambitions personnelles. Capables de faire de gros efforts financiers et de se mobiliser en continu lors des campagnes électorales, ils n’ont pas le même esprit de sacrifice entre les échéances ou pour soutenir d’autres fronts de lutte.

Au bout du compte, nous considérons que la lutte sur le front électoral doit rester une option, parce

  • qu’elle est l’occasion de faire connaitre les analyses alternatives,

  • qu’elle confère une certaine légitimité face aux colonialistes,

  • que les élus locaux peuvent intervenir sur le quotidien, même si c’est à une échelle réduite.

Cependant, la participation aux élections ne peut se justifier que si elle fait partie d’une stratégie globale dont l’objectif est la libération nationale, si les candidats proposés sont réellement des personnes impliquées dans le travail d’organisation des masses et porteuses de projets alternatifs. Si ces conditions ne sont pas réunies, l’abstention et, si nécessaire, l’appel au boycott sont entièrement justifiés.

Bien sûr, aucune intervention sur le front électoral ne pourrait être immunisée contre les luttes de ligne politique qui traversent tous les mouvements. La capitulation de SIRIZA face au chantage des banques en Grèce, les luttes de clan au sein de PODEMOS en Espagne, ou les dérives du Mouvement 5 étoiles en Italie, sont particulièrement instructives à cet égard.

Aussi, dans notre stratégie de lutte pour la souveraineté et l’émancipation, devons-nous combattre sans concession l’illusion qu’on gagnera du temps en réalisant des alliances politiciennes ou en privilégiant la carte de la personnalisation au détriment de l’organisation des masses. L’implication des masses dans la construction de l’alternative et l’organisation de la résistance, leur contrôle réel sur tous les processus décisionnaires restent la condition indispensable, incontournable et prioritaire de la libération et de l’émancipation. Cela est possible, par la formation et l’organisation de notre peuple au niveau de nos quartiers et dans les secteurs divers, comme dans la vie professionnelle, culturelle, économique et sociale. Nous défaire de toute forme d’illusion, consacrer nos compétences et notre énergie à la réalisation des taches véritablement déterminantes pour l’avancée de notre lutte de libération, c’est ainsi que nous servirons valablement notre peuple.

Pour le CNCP : Le Président, Jean ABAUL, le Porte-parole, Alain LIMERY, le Secrétaire, Léon SEVEUR, le responsable aux affaires extérieures, Robert SAE.

Alors que la Palestine s’embrase suite aux provocations impérialistes des USA en soutien à Israel nous diffusons le communiqué en français de la fraction la plus révolutionnaire de la résistance Palestinienne. 

Bretagne-Info.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine a décrit la déclaration Président des États-Unis Donald Trump comme une déclaration de guerre contre les Palestiniens et leurs droits, qui clarifie la position étasunienne comme étant une entité hostile envers notre peuple et un partenaire de l’état sioniste dans ses crimes contre le peuple palestinien et sa terre, et il faut s’adresser à lui sur cette base.
De plus, le Front a considéré que Trump a également porté un « coup de grâce » à la soit disant solution de deux états, au projet de règlement et aux idées délirantes du processus de paix. Il a appelé les dirigeants palestiniens à tirer les enseignements nécessaires de l’expérience dévastatrice faisant confiance à des négociations et à la domination des Etats Unis, et à annoncer le retrait immédiat de l’accord d’Oslo et de toutes les obligations subséquentes et auxiliaires.
Le FPLP a appelé les masses palestiniennes et leurs organisations à unir leurs efforts et à réagir collectivement, pratiquement et avec force à cette décision par l’action et l’escalade de la dynamique du mouvement populaire.
La bataille de Jérusalem est une bataille pour l’ensemble de la Palestine. Pour nous, Jérusalem est Haifa, Safad, Yafa, Gaza, Ramallah et chaque village et ville de Palestine.
En outre, le Front a souligné la nécessité d’affronter le triangle du complot contre Jérusalem et la Palestine et les droits du peuple palestinien et arabe, le triangle de l’impérialisme, des régimes réactionnaires arabes et du sionisme, et la nécessité d’ouvrir la porte à des options appropriées pour résister à ces régimes.
Les masses arabes rejettent également clairement cette décision qui clarifie davantage la nature de l’impérialisme US comme le principal commanditaire du terrorisme sioniste dans la région qui cherche constamment à enflammer la région afin de maintenir son hégémonie.
Jérusalem restera toujours la capitale du peuple palestinien et de l’Etat de Palestine, et l’alliance impérialiste sioniste ne réussira pas dans ses tentatives visant à oblitérer l’identité arabe de la ville et son statut dans le monde arabe et islamique.

Front Populaire pour la Libération de la Palestine

6 décembre 2017